En la fête de la Pentecôte.

4ème jour, 3ème rencontre, note personnelle.

Enseignement de Zundel tout à fait élevé et capital, qui reste enocre inconnu de la presque totalité des chétiens.

M. Zundel aimait citer un vieux rituel de mariage hindou qui dire faisait à chacun des futurs époux pour sceller leur mariage : TU ES MOI. Ils exprimaient ainsi cette identification réciproque de l'un et de l'autre que veut accomplir tout vrai mariage. C'est cette même identification réciproque que veut réaliser le Christ en chacunde nous en instituant l'Eucharistie : Dieu a créé les hommes pour engager avec eux ce dialogue nuptial où le oui de l'homme est indispensable au oui de Dieu (voir 1er jour, 1ère rencontre), et c'est le sacrement de l'Eucharistie qui va permettre l'accom­plissement de ce dessein divin.

Et pour accomplir cette identification, pour que nous soyons échangés avec le Christ, il y a comme une consécration réciproque : " Au moment de la consécration, nous disons sur le Corps du Christ "Ceci est mon corps, ceci est mon sang", nous identifiant ainsi avec Ce Corps crucifié, nous identifiant avec l'Amour immolé, et alors le Christ peut nous atteindre et S'identifier avec nous, disant Lui-même sur nous : Ceci est Mon corps, ceci est Mon Sang. Et nous sommes échangés avec Lui ... »

Et ce Christ avec lequel nous nous identifions, s'identifie en même temps avec l'Eglise entière et avec toute l'humanité : " L'Egli­se, c'est nous devenus immenses, universels, comme Jésus, pour porter avec Jésus et en Lui toute l'humanité et tout l'Univers."

Une question extrêmement délicate risque alors de se poser à nous, une question qu'il ne faudrait jamais poser en dehors de la prière, c'est celle du texte même des prières eucharistiques d'aujourd'hui qui semblent extérioriser le sacrifice du Seigneur et en faire comme un objet que l'on offre à Dieu pour notre salut.

Il peut sembler bien osé de souhaiter qu'un jour la mystique zundélienne inspire une autre prière eucharistique où apparaîtrait clairement cette identification avec le Christ, et, en Lui, avec l'humanité, que veut accomplir le sacrifice de la Messe et la commu­nion sur laquelle il s'achève.

L'Eglise a toujours cru et enseigné que la Révélation est close avec la mort du dernier Apôtre : tout est déjà donné dès le début de l'Eglise, mais rien n'est encore tout à fait développé. Il en est comme de l'embryon qui contient déjà tout l'être futur que le temps, les mois et les années, va développer, il y a, l'Eglise toujours reconnu, un nécessaire développement du dogme tout au long des siècles, et il n'est pas achevé. Le Christ ne nous a pas dit que l'Esprit nous donnerait la possession de la Vérité entière, mais bien qu'il nous dirigerait vers cette Vérité entière, c'est donc bien une direction droite de "penser" ainsi ce que Jésus a promis, et les dogmes promulgués au long des siècles constituent eux-mêmes des directions de "penser" et non pas des possessions de la vérité.

Ceci est très important parce qu'on peut alors penser légitime­ment que l'expression même de la prière, qui toujours doit refléter le dogme, et même l'exprimer, peut donc se développer elle-même en même temps que ce dogme. Et, si la pensée mystique de M. Zundel peut à juste titre être vue comme une étape dans ce développement du dog­me, et même une étape décisive à l'aube du 3ème millénaire, on ne voit pas pourquoi elle ne pourrait pas inspirer de nouvelles prières eucharistiques.

On peut relire ici les récits de l'institution de l'Eucharistie en Luc, 22, 14 ss., en Marc 14, 12 ss., en Matthieu, 26, 17 ss.

Ce qui frappe d'abord, c'est que la trahison de Judas est comme mêlée à cette institution, et cela dans les trois évangiles. Dès l'institution de l'Eucharistie, et sans doute tout au long de l'his­toire de la Rédemption, l'homme incapable de comprendre, l'homme capable de trahir l'Amour, est là. En Matthieu la trahison est annon­cée avant l'institution, en Luc, elle l'est après : Judas est là, et les Apôtres choisissent encore ce moment pour se disputer, lequel est le plus grand ? (Luc, 22, 24) ils n'ont pas compris davantage.

Il y a aussi exprimé ce grand désir de Jésus de "manger avec vous cette Pâque avant de souffrir", parce que Ses souffrances per­draient tout leur sens sans ce "retentissement" universel que va leur donner cette institution. C'est comme un ferment que cette insti­tution va donner à toute l'histoire des hommes, la modelant en quel­que sorte dans un sens opposé à celui, originel, imprimé par le péché.

" Je vous le dis : je ne mangerai plus cette Pâque avec vous avant qu'elle ait sa pleine signification dans le royaume de Dieu." Il y a donc dans cette nouvelle Pâque l'annonce d'une pleine réalisa­tion et d'un plein accomplissement, dans le royaume de Dieu, de ce qu'elle signifie. Et l'on peut dire que l'offrande de chaque Messe oeuvre en quelque sorte pour la plénitude, non encore advenue, de cet accomplissement. Cet accomplissement, c'est l'unité parfaite des hommes rassemblés tous dans cet unique Corps du Christ qu'est l'Eglise, tous étant parfaitement identifiés à ce même Christ, en et par cette nourriture, innombrablement "fractionnée" de l'Eucharis­tie.

Prière :

Père infiniment bon, Père infiniment aimant, nous T'en prions, donne-nous l'intelligence et l'amour de l' Eucharistie ! Donne-nous de ne pas trahir l'Eucharistie !

Tu es Ton Fils, et Ton Fils est Toi-même dans l'éternel échange d'amour qu vous fait un seul Dieu dans l'unité du Saint-Esprit !

Que Ton Fils soit chacun de nous ! que nous soyons chacun Ton Fils pour qu'en Toi nous soyons Toi et que Tu sois chacun de nous ! afin qu'en et par Ton Fils, Tu puisses nous aimer infiniment, selon le désir de Ton Coeur !

Que l'Eucharistie accomplisse en nous ce bienheureux échange pour lequel Ton Fils a donné même Sa Vie en même temps qu'il nous a donné ce sacrement, LE Don de l'Amour infini du Père et du Fils !

Qu'en l'Eucharistie nous apprenions à aimer tous les hommes jus­qu'à nous identifier dans notre prière à ces innombrables, aimés chacun par Ton Fils d'un amour unique !

Qu'aucun homme ne soit à jamais en dehors de Ton Amour puisque pour chacun Ton Fils a donné même Sa Vie !

Que chacun de nous apprenne à dire sur le Corps de Jésus dans l'Eucharistie : Ceci est mon corps, et que Jésus puisse dire sur chacun de nous : ceci est mon corps parce qu'il aura reconnu en nous cet amour universel dont Il embrasse tous les hommes !

Donne-nous de répondre à Ton Amour !

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