Retraite avec Maurice ZUNDEL, 4ème jour, 3ème rencontre.

« La Consécration eucharistique consiste à nous mettre dans la li­gne de la catholicité : nous venons au pied de la Croix, nous récla­mons Notre Seigneur et nous disons au moment de la Consécration, nous disons sur le Corps du Christ ce que la Vierge (la Pieta) di­sait lorsqu'elle Le recevait dans ses bras : "Ceci est mon corps, ceci est mon sang. " Nous nous identifions avec ce corps crucifié, nous nous identifions avec l'Amour immolé, et alors le Christ peut nous atteindre et S'identifier avec nous, Il dit aussi sur nous : "Ceci est mon corps, ceci est mon sang", et nous sommes échangés avec Lui.

Ce qui est essentiel dans l'Eucharistie, c'est cette ouverture de l'humanité à Jésus-Christ dans le mystère de l'Eglise, personne n'en est exclu, nous nous ouvrons afin que notre coeur ne limite pas le Christ et n'en fasse pas une idole, et l'Eglise, c'est nous avec Jésus, c'est nous devenus immenses, universels, comme Jésus, pour porter avec Jésus et en Lui toute l'humanité et tout l'Univers.

L'Eucharistie n'est pas une espèce de rite magique qui précipi­te Jésus sur la terre, mais au moment de la Consécration jaillit le "De profundis" de l'Eglise qui s'offre à Lui, qui fait craquer toutes les limites, qui accepte de porter avec le Christ toute l'hu­manité et tout l'Univers en s'identifiant avec Lui et disant : "Ceci est mon corps, ceci est mon sang."

Le Christ est vraiment au milieu de nous tandis que nous sommes à Sa table et que nous communions à Lui en communiant les uns aux autres, et il est absolument nécessaire d'envisager cette chaîne d'amour qui se constitue autour de Jésus : c'est toute l'humanité qui devient présente au Christ qui, Lui, est éternellement présent, et qui nous demande pour L'atteindre de ne pas Le saisir avec nos mains, mais de Le saisir par la communauté et au nom de la communauté, avec un coeur universel qui fait qu'en nous donnant à Lui, nous nous donnons, en Lui, au monde entier.

La Consécration, l'Eucharistie, c'est vraiment au sens où le disait saint Ignace d'Antioche, l'Amour, c'est, dans le langage de saint Jean de la Croix, la vive flamme d'Amour où se rencontrent le Cœur du Christ et le coeur de l'Eglise.

Ceci est absolument capital parce que l'Eucharistie n'est jamais quelque chose de privé: la Messe est toujours universelle; commu­nier, c'est s'ouvrir à l'amour du Christ en s'ouvrant sans limite à l'humanité. En sorte que toute communion est une lumière pour tous les hommes, la communion a cette ampleur universelle, elle atteint le monde entier, sinon elle est une pure magie qui fait de Jésus une idole.

... Dans la communion nous n'avons pas de contact physique avec le Christ, nous n'avons que ce contact que nous avons avec un ami (au moment de l'échange le plus profond), en sorte qu'en mangeant les espèces physiquement, nous nous nourrissons spirituellement de la Personne de Jésus.

... Il y a donc dans l'Eucharistie le foyer de l'universel amour, la vive flamme d'amour, où le coeur de l'Eglise rencontre le Coeur du Christ, à condition que nos coeurs soient ouverts universellement et que nous ne réduisons pas le Christ à un petit Bon Dieu fabriqué à notre usage que nous puissions mettre dans notre poche.

La communion est quelque chose d'universel, et la manducation représente une autre manducation, une identification mystérieuse qui s'accomplit au plus profond de nous-mêmes, si nous sommes accor­dés avec l'existence universelle de Jésus.

... Quand nous assistons à la Messe, c'est toujours pour agrandir notre coeur aux dimensions du Coeur du Christ et porter en no­tre amour toute l'humanité, autrement Jésus serait une idole qu'on porte dans sa poche.

... La réalité de la Présence de Notre Seigneur est la réalité la plus réelle qui soit, mais qui demande que nous grandissions pour l'atteindre et que notre coeur se fasse aussi vaste que le Sien.

Il y a dans l'Eucharistie une formidable exigence et, quand nous entrons dans une Eglise et voyons la lampe du sanctuaire qui indique Sa Présence, nous pouvons dire : OUI, c'est vrai, mais seulement dans la mesure où je suis moi-même une présence réelle à toute l'Egli­se et à tout l'Univers.

L'exposition du Saint Sacrement prend tout son sens quand elle est le renouvellement de la donation de nous-même qui nous permet de devenir universels."

(Maurice Zundel, "Avec Dieu dans le quotidien", pp. 114.. 117)

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