Retraite,

5ème jour, 3ème rencontre

note.

" Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et vous l'obtiendrez. C'est la gloire de Mon Père que vous donniez du fruit en abondance et que vous deve­niez ainsi mes disciples. Comme le Père M'a aimé. Moi aussi Je vous ai aimés : demeurez dans cet Amour que J'ai pour vous. Si vous met­tez mes commandements en pratique, vous demeurerez dans mon amour, tout comme Moi, J'ai mis en pratique les commandements de Mon Père et que Je demeure en Son Amour. Je vous ai dit ces choses pour que vous ayez en vous ma propre joie et que votre joie soit complète.

Voici quel est mon commandement : que vous vous aimiez les uns les autres comme Je vous ai aimés. Nul ne peut l'emporter dans l'A­mour sur Celui qui donne Sa Vie pour ses amis, et vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous prescris. Je ne vous appelle plus ser­viteurs parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître; vous, je vous ai appelés amis (1) parce que Je vous ai fait connaître tout ce que J'ai appris de mon Père." (Jean, 15, 7-15) (1)

" Vous donc aussi, vous êtes maintenant dans la tristesse, mais Je vous reverrai et votre cœur se réjouira, et cette joie que vous aurez, nul ne pourra vous la ravir. Et en ce jour-là vous ne M'inter­rogerez plus sur rien : en vérité, en vérité, je vous le dis, ce que vous demanderez au Père, Il vous le donnera en Mon nom ! jusqu'à présent vous n'avez rien demandé en mon nom : demandez et vous rece­vrez, si bien que votre joie soit complète. (Jean, 16, 22-24)

"Maintenant Je vais aller vers Toi, Père, et je dis cela pen­dant que Je suis dans le monde, afin qu'ils aient en eux-mêmes, dans sa plénitude la Joie qui est la mienne." (Jean, 17, 13)

Il semble donc bien, d'après les paroles mêmes de Jésus, que tout ce discours après la Cène, ce Testament de Jésus avent de mourir, est ordonné à la joie, et à la joie en plénitude, à la joie qui est celle de Jésus, une joie donc pour les mêmes motifs et de la même manière que celle de Jésus et dans sa plénitude.

La comparaison donnée pour les éclairer est celle de la femme qui enfante, dans la tristesse au moment de l'enfantement, mais "quand elle a enfanté, quand elle a donné le jour à l'enfant, elle ne se souvient même plus de ses tribulations, étant à la joie de ce qu'un (nouvel) être est venu au monde : vous donc aussi, vous êtes maintenant dans la tristesse (c'est le moment où débute la passion de Jésus, le moment où II va enfanter l'Humanité entière dans Ses souffrances), mais je vous reverrai et votre coeur se réjouira, et cette joie, nul ne pourra vous la ravir." (Jean, 16, 21--22).

Car Jésus n'enfante pas seul l'humanité nouvelle; ses apôtres, même si tout à l'heure ils vont s'enfuir, sont appelés à l'enfanter avec Lui, et la tristesse qu'ils éprouvent au moment du départ de Jésus, est déjà en eux le commencement de cet enfantement des hommes avec et en le Christ.

Le Testament de Jésus, c'est cette joie qu'il nous communique, cet­te joie qu'il nous confie, cette Joie qu'il nous demande de transmet­tre et de faire vivre dans le coeur des autres. Et alors finalement «le seul témoignage qui vaille et soit le signe infaillible de la Présence de l'éternel Amour, c'est celui de la joie ».

Alors "qu'il n'y ait plus de visage triste autour de nous ! ... notre mission est une mission de joie, et nous n'aurons plus besoin de nous poser d'autre question que celle-là: est-ce que pour les autres nous nous efforçons d'être une source de joie?"

Alors nous serons au coeur de l'Evangile ... C'est cette source de la joie immense qui vient de la rencontre avec le Visage du Sei­gneur imprimé dans nos cœurs ..."

Il est très significatif qu'après le lavement des pieds, et la proclamation du commandement nouveau, après l'institution de l'Eucharistie, ce discours sur la joie fait lui-même partie du prologue de la Passion du Seigneur, et nous invite à ne jamais oublier que toutes les souffrances du Seigneur vont s'éclairer dans la joie parfaitement pleine et sans limites du Ressuscité et que c'est donc déjà dans la mesure où Il ressuscitera en nous, en nous devenus transparents de son Amour jusqu'au don de la vie, que nous connaîtrons, et répandrons, et rayonnerons, cette même plé­nitude de joie. Nous sommes bien là au coeur de l'Evangile dans lequel dès le début, lors de l'annonciation des anges dans la nuit de Noël, on annonçait une grande joie.

Alors nous comprenons que "une vie authentiquement religieuse et spirituelle, c'est-à-dire authentiquement humaine, se mesure au degré de joie qui habite en cette vie."

"Nous sommes certains d'être en dehors de l'Evangile si notre présence n'est pas un espace de Lumière et d'Amour."

Avant de donner LE Nouveau commandement, Jésus nous donne en exemple et modèle la façon de le pratiquer et vivre: Il se met à genoux pour laver les pieds de ses Apôtres, et Il s'explique tout à fait clairement pour qu'il n'y ait aucune méprise :

" Si Moi, le Seigneur et le Maître, Je vous ai lavé les pieds, vous devez, vous aussi, vous laver les pieds les uns aux autres, car c'est un exemple que Je vous ai donné pour qu'à votre tour vous fassiez comme J'ai fait."

En aucune autre circonstance Jésus n'a revendiqué aussi clairement sa domination et sa "Seigneurerie" : sa seule domination, sa seule façon d'être Maître et Seigneur, et en cela Il l'est vraiment, c'est l'hum­ble service des hommes. Et toute véritable autorité dans l'Eglise doit se vivre de cette manière inaugurée par le Seigneur au début de Sa Passion (2).

Et Jésus continue : "En vérité il n'y a pas de serviteur qui soit plus grand que son maître !" La seule véritable grandeur est dans ce plus humble service. "Sachant cela, heureux serez-vous si vous agissez ainsi ! " (Jean 13, 14-17)

"Heureux serez-vous ! " Le thème de la joie développé dans le discours après la Cène, est déjà annoncé ici parce que la vraie joie est intimement liée à la pratique de ce nouveau commandement de l'amour parfait "comme Jésus nous a aimés, jusqu'au don même de la vie dans le service."

ET c'est seulement après avoir rendu cet humble service que Jé­sus nous dit : "Voici quel est mon commandement, c'est que vous vous aimiez les uns les autres comme Je vous ai aimés." (Jean 15, 12)

Prière : Père infiniment bon, nous T'en supplions, apprends-nous le plus grand amour dans le plus humble service ! Apprends-nous la seule façon chrétienne de dominer et commander, celle de l'agenouillement du Seigneur devant ceux qu'il aime !

(1) Le mot ami n'est pas assez fort, il faudrait traduire « vous êtes ceux que j'aime » « si vous êtes ceux que j'aime. »

(2) C'est devenu presqu'une coutume en certaines églises d'Afrique d'introduire dans le cérémonial de l'ordination sacerdotale, l'investiture du nouveau prêtre auquel on remet les insignes du chef. On s'est demandé si, à la place de cette remise, il ne serait pas plus opportun et significatif de l'autorité dont le nouveau prêtre est investi, d'introduire dans la cérémonie un lavement des pieds que le nouveau prêtre accomplirait avec l'évêque consécrateur. Simplement parce que tou­te autorité dans l'Eglise est autorité de Jésus et que Jésus ne revendique son autorité qu'en cette circonstance ...

C'est seulement quand Il sera ressuscité qu'il dira : "Tout pouvoir m'a été donné ..." parce qu'aucune méprise ne sera plus possible sur l'origine de cette autorité, et sur ce qui la lui confè­re, Son sacrifice, ses souffrances et sa mort.

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