Retraite avec Maurice ZUNDEL. 5ème jour, 2ème rencontre.

La méditation du dogme de l'Assomption, comme celui de la résurrection du Seigneur nous donne de mieux comprendre la grandeur et la noblesse de l'homme.

« ... Le corps humain ne devient humain que par le resplendissement en lui de la Présence de Dieu.

... Tous les dogmes finalement expriment l'Incarnation de Dieu dans l'homme, ils expriment ce resplendissement de Dieu dans l'hom­me et cette transfiguration de l'homme en Dieu, et, lorsqu'on ne voit pas la dimension humaine dont nous nous accroissons par l'Evan­gile, on ne voit rien !

... Nous avons à façonner notre corps, à le modeler, à imprimer en lui le Visage de Dieu, à le libérer, à nous libérer tout entier de nos attaches cosmiques, c'est-à-dire à nous déprendre de toutes les forces obscures qui sont à l'oeuvre dans l'Univers, dans le mon­de minéral, végétal et animal ! nous avons à surmonter toutes ces forces, c'est-à-dire à les transfigurer, à les libérer, à leur donner un visage afin qu'en tout l'Univers devienne une offrande et un élan libre et joyeux vers l'Eternel amour.

Le corps humain est un corps qui se fait et devient, et se spiri­tualise, un corps qui devient esprit et s'immortalise, un corps qui respire Dieu et Le révèle. "Nos corps sont les membres de Jésus-Christ" (1 Cor., 6, 15), "Nos corps sont les temples du Saint-Es­prit" (1 Cor., 6, 19), nos corps ont donc une dignité, une grandeur et une beauté divine et, à cause de cela même, il faut les respecter comme le sanctuaire de la divinité

Et c'est là que nous retrouvons le mystère de l'Assomption. Nous comprenons que plus un être s'élève, plus il s'intériorise, plus il pétrit son corps de lumière et de grâce, plus Dieu resplendit dans sa chair, plus aussi il est vainqueur de la mort, et plus son être devient un élan harmonieux vers Dieu qui est en lui l'aimanta­tion suprême qui l'aide à se créer. Nous ne nous créons pas au ha­sard, nous nous créons suivant cet appel au-dedans de nous de la Présence divine qui est le pôle où convergent toutes nos aspira­tions.

... A la limite, lorsque l'unité est parfaite, lorsque le corps respire tout entier la Présence divine, comme c'est le cas de Jésus-Christ et de sa Mère, la mort ne signifie plus rien car la mort n'a un sens pour nous que parce que la mort peut purifier quelque chose en nous et, en Marie justement, comme en Jésus et en dépendance de Jésus, en Marie parce qu'elle est toute entière le berceau de Jésus et par­ce que sa chair a fleuri en nous donnant le Christ, en Marie tout est vie, tout est vie ! La mort en elle ne peut rien redresser, ni rien purifier, parce qu'en elle tout déjà est revêtu de la clarté de Dieu, en elle tout respire de la vie éternelle. Et, si elle meurt comme Jésus est mort, ce ne sera pas d'une mort périssable ou d'une mort de corruption où l'être se défait parce que l'être ne s'est pas encore construit, elle mourra comme Jésus d'une mort d'amour, d'une mort de conformité à notre mort, d'une mort pour nous, d'une mort qui illumine la nôtre et nous aide à la vaincre et à la surmon­ter.

Il s'agit d'assimiler cette anthropologie (cette façon de voir l'homme et son corps), c'est-à-dire cette vision de l'homme que nous donne l'Evangile pour entrer dans la résurrection du Seigneur comme pour entrer dans la résurrection de Marie que signifie le dogme de l'Assomption.

C'est justement parce que le christianisme se fait une idée si parfaite et si harmonieuse de l'unité humaine, c'est parce qu'en Jésus la chair a été tellement glorifiée, c'est parce que notre corps que nous avons à créer veut être revêtu d'une telle noblesse, que l'Assomption est une affirmation qui entre dans cette profession admirable du dogme chrétien où la vie est si merveilleusement glori­fiée et chantée.

Et c'est pourquoi il est impossible de penser et méditer ce dog­me de l'Assomption, comme celui de la résurrection du Seigneur, sans mieux comprendre la noblesse et la grandeur de l'homme, sans admirer cette cathédrale unique et incomparable qu'est un corps humain quand il est véritablement habité par l'Esprit-Saint, quand il est devenu le sacrement de la Présence divine.

Nous avons à donner à nos corps toute cette noblesse, toute cet­te grandeur et toute cette beauté. ... Et le sens de la pureté chré­tienne est précisément de reconnaître la vocation divine des corps.

(M. ZUNDEL, "Ton Visage, ma Lumière", pp. 364..357, Lausanne, août 1960)

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