Introduction intégrale, rédigée par le Père de Boissière, pour le livre "VIVRE DIEU" édité aux presses de la Renaissance en 2007. (suite n°4)

Il faut bien voir que le but de ce livre si riche d'innombrables textes choisis avec passion par France Marie n'a pas d'autre but que de nous hisser à notre tour vers l'illumination mystique du Mémorial de Pascal, une nuit de l'an de grâce 1654, lundi 23 novembre, et non pas pour un nouveau catéchisme:

...«FEU...Jésus-Christ, Jésus-Christ, je m'en suis séparé; je l'ai fui, renoncé, crucifié. Que je n'en sois jamais séparé! Joie, joie, joie, et pleurs de joie...éternellement en joie pour un jour d'exercice sur la terre... »

Ainsi le monde entier a-t-il particulièrement bien apprécié la première encyclique de Benoît XVI: Dieu est Amour. On peut y lire au § 18 : « L'amour du prochain se révèle ainsi possible au sens défini par la Bible, par Jésus, il consiste précisément dans le fait que j'aime aussi, en Dieu et avec Dieu, la personne que je n 'apprécie pas ou que je ne connais même pas. Cela ne peut se réaliser qu'à partir de la rencontre intime avec Dieu, une rencontre qui est devenue communion de volonté jusqu'à toucher le sentiment. J'apprends alors à regarder cette autre personne non plus avec mes yeux et mes sentiments, mais selon la perspective de Jésus-Christ. Son ami est mon ami... Je vois avec les yeux du Christ et je peux donner à l'autre bien plus que les choses qui lui sont extérieurement nécessaires: je peux lui donner le regard d'amour dont il a besoin. »

Il est frappant de constater combien le comportement de Zundel avec quiconque répond parfaitement à l'amour que Benoît XVI souhaite mis en oeuvre pour chacun à l'exemple du Christ. Il suffit pour le voir de se rapporter au portrait admirable que vient d'en faire le cardinal Martini un peu plus haut, sans aucune exclusion. C'est aussi le très beau témoignage du saint métropolite orthodoxe, Antoine Bloom: « A moins de regarder une personne et de voir la beauté en elle, nous ne pouvons l'aider en rien. On n 'aide pas une personne en isolant ce qui ne va pas en elle, ce qui est laid, ce qui est déformé. Le Christ regardait toutes les personnes qu'il rencontrait, la prostituée, le voleur, et voyait la beauté cachée en eux. C'était peut-être une beauté déformée, abîmée, mais elle était néanmoins beauté, et il faisait en sorte que cette beauté rejaillisse. C 'est ce que nous devons apprendre à faire envers les autres. Mais pour y parvenir, il nous faut avant tout avoir un cœur pur, des intentions pures, l'esprit ouvert, ce qui n'est pas toujours le cas, afin de pouvoir écouter, regarder et voir la beauté cachée. Chacun de nous est à l'image de Dieu, et chacun de nous est semblable à une icône endommagée. Mais si l'on nous donnait une icône endommagée par le temps, par les événements, ou profanée par la haine des hommes, nous la traiterions avec tendresse, avec révérence, avec le cœur brisé. C 'est à ce qui reste de sa beauté et non à ce qui en est perdu, que nous attacherions de l'importance. »

Mais comment se rendre véritablement présent à Zundel dans ce livre, quand on a si souvent de la peine à expérimenter ce qui ne sont que des extraits de pensées sorties d'un contexte non vécu originellement par le lecteur? Le risque réel d'une seule lecture n'est-il pas d'être étourdi par un caléidoscope d'affirmations brillantes sans assumer les exigences absolument nécessaires d'une désappropriation radicale comme celle proposée au jeune homme riche: « une chose te manque... » (Lc, 18-23) Approcher Zundel, c'est se mettre sous l'appel du Christ et ce n'est pas rien ! A genoux, on ne peut mieux faire que lui... En somme comment commencer à aimer vraiment, vraiment? Comment devenir présent pour de vrai? Au delà des concepts et de la raison...avec passion...démissionner et se laisser prendre...Suis-moi...

«... Aimer, qu'est-ce que c'est ? Aimer, quand il arrive qu'on aime, et c'est si rare et si difficile, mais si l'on aime vraiment, qu 'est-ce que c'est qu 'aimer ? Sinon justement de n'être qu'une relation à l'autre. Et c'est cela Dieu, dans son mystère adorable, un courant de relations, où rien n'est approprié, où tout est donné, où la personnalité est purement, totalement, uniquement, éternellement, une référence à un autre, un regard vers un autre...» (Sacré-Cœur d'Ouchy, dernier dimanche après la Pentecôte, 25 novembre 1962, enregistrement confié par Jacqueline Auderset, édité par Anne Sigier, dans « Ta Parole comme une source », sous le titre (de moi.): « Le Christ, humilité, don et pauvreté », p.422.

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