Nous vous proposons, dans son intégralité, et sur plusieurs jours, l'introduction rédigée par le Père de Boissière pour le livre "VIVRE DIEU" édité aux presses de la Renaissance en 2007.

Ce guide de lecture, écourté lors de la publication du livre, vous permettra de retrouver tout ce qui fait l'originalité de l'oeuvre de Maurice Zundel.

suite n°1...

Le 17 février 1967, Maurice Zundel recevait du pape Paul VI, par l'intermédiaire du substitut Mgr Dell'Acqua, la lettre suivante: « Le Saint Père, toujours attentif à ce que vous publiez, a lu avec un vif intérêt le bel article que vous venez d'écrire dans la revue , Choisir, sous le titre : « Quête de l'homme, quête de Dieu ».

Ces quelques pages lui ont renouvelé le souvenir des beaux volumes que vous avez publiés au cours des années passées, et dont il appréciait la forme littéraire tout autant que la profondeur spirituelle. Et je puis bien vous dire en confidence qu'il serait très heureux que vous continuiez de mettre votre plume au service de l'Eglise dans le monde d'aujourd'hui, en nous donnant quelque nouvel ouvrage consacré à la problématique religieuse de notre temps. Si la chose vous était possible, elle serait sans nul doute très utile..

En vous remerciant à l'avance de la suite que vous pourrez donner à cette communication, je vous prie d'agréer Monsieur l'Abbé, avec le souvenir ci-joint, l'assurance de mon respectueux dévouement en N.S. »

Cinq ans plus tard, Le 20 février 1972, au début de sa retraite inattendue de carême au Vatican, à l'invitation de Paul VI, (qui voyait en lui « un génie spirituel avec des fulgurations »), Maurice Zundel faisait allusion à cette lettre en s'adressant ainsi au Saint Père :

« .. Il m'était facile d'obéir puisque, toute ma vie, j'ai cherché à être à l'écoute de mon temps, mais les choses, depuis, ont bien changé, je veux dire que cette problématique s'est terriblement compliquée et qu'elle est devenue encore plus difficile aujourd'hui. C'est une raison de plus de l'affronter puisque ce sont les hommes de notre temps qu'il s'agit d'évangéliser. Il faut donc les connaître et il faut essayer de voir par où il est possible de les atteindre... On peut caractériser aujourd'hui, surtout depuis 1968, on peut caractériser cette problématique d'un mot terrible en disant qu 'il s'agit d'un grand refus... »

Et ce fut le point de départ de 22 magnifiques conférences d'une brûlante actualité, toutes spontanément improvisées, même si elles avaient pu être préparées les années précédentes par de constantes méditations et par la publication d'un très beau livre en 1971: « Je est un autre », aide imprévue du dernier moment pour sa retraite au Vatican.

Déjà, dans son audience générale du 28 mai 1969, Paul VI n'avait-il pas cité un essai original et très personnel de Zundel pour ouvrir à la foi : « Recherche du Dieu inconnu », comme exemple d'une façon splendide de s'affirmer, de continuer à donner de nombreux témoignages de pensée et de vie, de répondre aux objections qui caractérisent la pensée philosophique, littéraire ou pratique aujourd'hui. Le lecteur y était invité à faire une sorte de course au trésor pour découvrir en grande partie par lui-même un enseignement vivant et libérateur des vérités de la foi. Il est significatif de noter que cette « Recherche du Dieu inconnu » avait été au départ une sorte de cours improvisé dans une institution suisse pour des élèves étrangères en 1932-1933. et publié pour la première fois en 1948, aux Editions Ouvrières, sur l'objurgation d'un père dominicain, ami de Zundel: le Père Moos. Ce livre eut tout de suite un grand succès, et fut vite épuisé. Je l'ai fait rééditer en 1986, pour être encore bientôt épuisé. Il mériterait d'être de nouveau réédité avec un simple petit toilettage. L'esprit en reste d'une grande actualité. Tout est dans les réponses que l'homme peut attendre en profondeur pour se « réaliser » pleinement. Du début jusqu'à la fin, il s'agit d'un dialogue incessant où chacun doit s'y « retrouver ». Mais il s'écarte beaucoup trop du catéchisme de l'époque (non sur le fond mais sur le fait de partir du lecteur, et non plus du haut de l'église enseignante. Les mêmes vérités s'y retrouvent mais en tant que re-connues et vécues.) Les deux censeurs de Zundel avaient dans un premier temps refusé le « nihil obstat », trouvant ce manuscrit comme une sorte de tour de prestidigitation. « Que va-t-il sortir du chapeau » ! Heureusement, l'imprimatur fut finalement accordé par un responsable au contraire très intéressé, l'abbé Enne. Et l'avenir lui donnera amplement raison. Le Père Moos pourra se féliciter d'avoir vaincu les réticences de son ami Zundel.

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