Suite 2 de la 4ème conférence de M. Zundel à Sainte Marie de la paix en mars 1961.

Ce sera toujours l'homme qu'il faudra prendre en charge pour avoir la chance de rencontrer Dieu.

« Le Royaume de Dieu dont Jésus a parlé, le Royaume des Cieux qu'il a symbolisé dans les admirables paraboles, le Royaume des Cieux que ses apôtres attendent, ce Royaume prédit par Jean le Baptiste, ce Royaume qui semble être à la porte, ce Royaume dont Jésus a dit qu'il était déjà au milieu de nous, voilà ce qu'il est : il est en Pierre, il est en Jacques, il est en Jean ! il est en Judas, comme une possibilité que Jésus, justement s'efforce encore de réveiller et de ranimer !

C'est la dernière chance, c'est la suprême tentative avant l'agonie, avant la mort, avant l'échec, avant la honte, avant la défaite suprême. C'est la dernière tentative pour les amener, eux qui doivent être les héritiers de son oeuvre, eux qui doivent être les témoins à travers toutes les nations, eux qui doivent prendre la relève quand tout aura été consommé, c'est la dernière tentative pour les amener à découvrir en eux cette perle du Royaume, pour leur faire comprendre que la divinité est en eux, que c'est là qu'elle les attend, que c'est là que doit se célébrer le culte en esprit et en vérité, dans cette ouverture d'eux-mêmes, dans cette transparence indispensable au rayonnement de la lumière.

Si Jésus pouvait faire autrement, Il le ferait. Il ne peut pas faire autrement, Il est là aux abois, il n'y a plus d'autre manière de manifester cette identification de Dieu avec l'homme qui doit provoquer l'identification de l'homme avec Dieu que cet agenouillement devant le sanctuaire éternel que l'homme est appelé à devenir.

Personne ne comprend, ni Pierre, ni Jacques, ni Jean, ni Judas, personne ne comprend ! Et désormais il ne reste plus qu'à mourir. Ce sera donc au-delà du voile, ce sera dans le baptême de feu de la Pentecôte que cette scène s'éclairera et que, consumés par le feu de l'Esprit, les apôtres enfin découvriront en eux la Présence de leur Maître.

Il n'y a donc aucun doute possible, la solidarité entre le commandement nouveau et éternel ET le lavement des pieds est étroitement soudée. Il est impossible de se méprendre. Ce sera toujours vers l'homme qu'il faudra se tourner. Ce sera toujours l'homme qu'il faudra prendre en charge pour avoir la chance de rencontrer Dieu.

Et le troisième lien, le troisième anneau de cette chaîne indestruc­tible, c'est l'Eucharistie. Et c'est là peut-être que les chrétiens se sont le plus profondément mépris. C'est là que les chrétiens ont peut-être cédé à une tentation si naturelle de mettre le sacré en dehors d'eux-mêmes, de rebâtir un temple de pierres, de recons­truire un tabernacle de métal précieux et d'y enfermer Dieu comme un objet en s'inclinant devant cet objet devenu extérieur à eux-mêmes, en fermant la porte avec des grilles d'or et en retournant à leurs affaires et en laissant la sainteté enfermée dans le temple. » (à suivre)

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