Fin de l'homélie de clôture de la retraite. Le début n'a pas été enregistré.

« ... dans ce "Je suis", nous sentons constamment affleurer la Révélation de l'Horeb : "Je suis celui qui suis". Mais comment les auditeurs de Jésus le pourraient-ils entendre, sinon comme un blasphème effroyable ! car le Nom de Yahwé, c'est un Nom incommunicable, comme l'Etre de Yahwé est incommuni­cable ! Comment serait-il possible qu'il se tienne devant eux ?

Catherine de Sienne, cette immense contemplative, aimait à entendre ces paroles : "Je suis Celui qui Suis, et tu es celle qui n'est pas !" Et serait-ce vrai que nous sommes "ceux qui ne sont pas ? " Serait-ce vrai que Dieu ne nous eût rien donné ?

Saint Thomas dit dans la Somme Théologique : "Dieu a créé les êtres pour qu'ils fussent !" Il a voulu, justement, qu'ils soient.

Nous sentons bien dans ces textes de Saint Jean (1), que nous sommes à la fin de l'Ancienne Alliance, que la Nouvelle ne s'est pas encore fait jour, et que l'Esprit-Saint n'a pas encore été donné, comme il sera dit un peu plus loin. Il faudra justement que Dieu apparaisse comme Celui qui est souverainement communicable, comme Celui qui est éternelle communication, comme Celui qui crée pour Se donner, et qui nous fait être à sa manière, et c'est cela qu'il faudra apprendre.

C'est ce que Catherine de Sienne apprendra dans ses stigmates. Voilà Dieu : c'est Celui qui meurt d'amour pour ceux qui refusent de L'aimer ! Et il est si peu jaloux de ses privi­lèges, Il est si peu en rivalité avec nous que la seule faute pour nous, c'est de n'être pas comme Il est, de n'être pas à sa manière, de n'être pas dans cette désappropriation foncière, qui fait éclater l'être dans la jubila­tion de l'Amour.

Nous sommes. Nous existons. Nous sommes appelés à être comme Il est, comme le Père qui n'est qu'un regard vers le Fils, comme le Fils qui n'est qu'un regard vers le Père, comme le Saint-Esprit qui n'est qu'une respiration d'Amour à l'aspiration du Père et du Fils.

Et comment être pour nous, et comment vivre, et comment réaliser cette désappropriation sinon en devenant toujours davantage un simple regard d'Amour vers Lui ? Et toute pureté vient de là, toute libération !

Ah ! Seigneur, fais de nous tous un simple regard d'amour vers Toi ! » (fin de l'homélie)

(1) Voici la page de l'Evangile de Jean (8,21-30) citée au début de l'homélie.

« Jésus leur dit encore : "Je m'en vais : vous me chercherez mais vous mourrez dans votre péché. Là où je vais, vous ne pouvez aller." Les Juifs dirent alors : "Aurait-il l'intention de se tuer puisqu'il dit : "Là où je vais, vous ne pouvez aller" ?"

Jésus leur répondit : "Vous êtes d'en bas; moi, je suis d'en haut; vous êtes de ce monde, moi, je ne suis pas de ce monde. C'est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés. Si, en effet, vous ne croyez pas que Je Suis, vous mourrez dans vos péchés". Ils dirent alors :' "Toi, qui es-tu ?" Jésus leur répondit : "Ce que je ne cesse de vous dire depuis le commencement. En ce qui vous concerne, j'ai beaucoup à dire et à juger; mais Celui qui m'a envoyé est véridique et ce que j'ai entendu auprès de lui, c'est cela que je déclare au monde". Ils ne comprirent pas qu'il leur avait parlé du Père. Jésus leur dit alors : "Lorsque vous aurez élevé le Fils de l'homme, vous connaîtrez que Je suis et que je ne fais rien de moi-même : je dis ce que le Père m'a enseigné. Celui qui m'a envoyé est avec moi : il ne m'a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui plaît".

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