A reprendre.

Nous avons dans l'offrande parfaite de Jésus-Christ, au moment, éternel, de son passage au Père, nous avons dans sa célébration ce qui doit meubler, ce qui doit construire et nourrir notre vie intérieure, ce qui en est l'essentiel et à quoi s'ordonne tout le reste. Nous n'avons pas de chose plus importante à « faire » que cette intériorisation réciproque en nous de cette offrande parfaite du Christ par la célébration liturgique : notre offrande est la Sienne, Son offrande est la nôtre. Elle doit animer toute notre vie, toute notre intériorité. D'où l'importance capitale de cette célébration.

Ca ne veut pas dire qu'on doive nécessairement la célébrer liturgiquement chaque jour, elle n'a jamais été célébrée dans la chambre de Marthe Robin qu'elle ne quittait jamais, elle se contentait de recevoir cette nourriture deux fois par semaine, ça lui suffisait pour vivre pleinement à chaque instant de sa vie, son offrande unie à celle du Christ ! mais pour nous, nous aimerons la célébrer chaque jour si possible.

Il s'agit d'y vivre le moyen par excellence de fonder, d'entretenir sans cesse notre vie intérieure, de lui donner toute sa consistance. Il va s'y agir, non pas tellement d'y vivre la présence réelle du Christ, mais davantage d'y vivre la présence en nous de l'humanité entière et de toute son histoire, et d'y prendre notre place dans l'offrande de nous-même ! nul n'est interchangeable, personne d'autre ne pourra prendre notre place.

Il s'agit d'entrer dans le mystère de la foi, de « reconstruire », de consolider sans cesse, cette vie de relation à Jésus-Christ et à l'humanité entière, d'approfondir à chaque célébration notre vie intérieure. La résurrection du Seigneur sera toujours vécue en même temps que sa Passion et sa Mort puisque nous sommes déjà ressuscités avec le Christ.

Il faudra donc prendre son temps, un long temps, non seulement pour l'entrée dans le mystère, mais plus encore dans sa célébration proprement dite.

Trois « choses », avec en plus une 4ème, demandent aujourd'hui un examen aussi difficile que d'une certaine urgence, la question des oraisons de la Messe, celle du choix des lectures bibliques et enfin celle, infiniment délicate, des prières eucharistiques, et celle aussi de l'action de grâces après la communion. Les sœurs ermites de Bethléem y consacrent chaque jour une bonne demie-heure après la Messe, elles ont raison.

Quand on parle d'une restauration de la divine liturgie, quand il s'agit de ces 3 questions, il ne faut pas s'imaginer que soient désirables de longues réunions de travail de quelques liturges éminents pour élaborer un nouveau choix de lectures, de nouvelles oraisons et une nouvelle prière eucharistique, non ! ce sont des communautés nouvelles, zundéliennes ?, qui devront expérimenter en communauté, à la fois de nouvelles expressions des oraisons, un nouveau choix de lectures et même de nouvelles prières eucharistiques, cela demandera beaucoup de temps, des décennies peut-être.

Une nouvelle action de grâces sera chaque jour vécue, c'est ce nom qui a désigné l'Eucharistie. Nous avons dans l'offrande parfaite du Christ LE motif par excellence de notre action de grâces. Mais il faut y inclure les innombrables offrandes de tous les hommes, passés, présents et à venir, qui trouvent leur sens et leur valeur dans cette offrande du Christ : c'est Jésus qui, par eux, par chacun de nous, veut continuer son action salvifique qui n'a aucun sens en dehors de ces offrandes ( la parfaite offrande du Christ au moment de son passage au Père n'ajoute rien à son éternelle et parfaite offrande en la Trinité divine) : nous y achevons ce qui manque aux souffrances, à la mort et à la résurrection du Christ ! et en un sens tout à fait vrai, il leur manque tout tant que l'homme ne se les est pas assimilées jusqu'à les prolonger, jusqu'à même leur donner leur sens.

C'est impressionnant de penser que l'homme, quand il célèbre l'Eucharistie et a appris à y conformer sa vie, donne son sens aux souffrances, à la mort et à la résurrection du Christ : voilà ce que veut faire par nous la célébration liturgique de l'Eucharistie ! il est grand le mystère de la Croix ! Il est grand le mystère de la foi ! A tel point qu'une seule âme en état d'offrande, valorise la passion et la résurrection du Christ ! On sait que Zundel a été jusqu'à dire que, s'il n'y avait pas sur la terre une seule âme en cet état d'offrande, toute consécration sera invalide. On comprend maintenant pourquoi. (à suivre)

Ajouter un Commentaire

Les commentaires sont modérés avant publication. Les contributions doivent porter sur le sujet traité, respecter les lois et règlements en vigueurs, et permettre un échange constructif et courtois. A cause des robots qui inondent de commentaires publicitaires, nous devons imposer la saisie d'un code de sécurité.

Code de sécurité
Rafraîchir