Veuillez lire ici maintenant les deux dernières pages d'un livre volumineux (près de 800 pages), paru en 2004 en anglais, traduit en francais deux années plus tard : Richard Dawkins, « Il était une fois nos ancètres, une histoire de l'évolution. » éd. Robert Laffont.

« Non seulement la vie sur cette planète est stupéfiante et pleinement gratifiante pour tous ceux dont les sens ne se sont pas émoussés sous l'effet de l'habitude, mais encore le fait précisément que nous avons acquis de l'évolution la puissance cérébrale de comprendre notre genèse évolutive redouble notre stupéfaction et nous comble.

Tout « pèlerinage » implique piété et vénération. Je n'ai pas eu l'occasion ici de dire mon agacement devant la piété traditionnelle et mon mépris pour la vénération quand elles ont pour objet le surnaturel. Mais je n'en fais pas un secret. Non que je désire limiter ou circonscrire la vénération, ou que je veuille diminuer ou rabaisser la véritable vénération qui nous porte à célébrer l'Univers dès lors que nous le comprenons comme il convient ! Si je disais «bien au contraire», ce serait un euphémisme. Ce que je reproche aux croyances surnaturelles, c'est précisément qu'elles échouent misérablement à rendre justice à la grandeur sublime du monde véritable. Elles rétrécissent la réalité, et appauvrissent ce que le monde réel a à offrir.

Je soupçonne que beaucoup de ceux qui se disent religieux se trouveraient d'accord avec moi. Pour eux, je voudrais simplement citer une remarque que j'ai entendue à un congrès scientifique. Un distingué spécialiste, chevronné dans mon domaine et fort diplomate au demeurant, avait une vive discussion avec un collègue. L'altercation touchant à sa fin, il lui fit un clin d'oeil et dit : « vous savez, en réalité, nous sommes bien d'accord. C'est seulement que vous le dites mal ! J'ai l'impression de revenir d'un vrai pèlerinage. » (pp. 733-734)

Je vois deux choses d'abord, plus une 3ème : la vie sur notre planète est stupéfiante et pleinement gratifiante ! avec ensuite cette remarque que, sur ce point finalement nous sommes tous d'accord. Et la vénération de l'auteur qui nous porte à célébrer notre Univers est immense ! Il peut en parler lui qui a passé des années à raconter l'histoire de l'évolution sur notre planète avec une intelligence et des soins hors pair !

En second lieu la méfiance , la réserve, c'est plus qu'une réserve à propos du surnaturel. N'y a-t-il pas chez l'auteur une méprise totale sur l'essence du surnaturel ?

La 3ème chose, c'est que ce livre vient très bien après les propos de Zundel sur la joie et l'émerveillement. « Ce que je reproche aux croyances surnaturelles, dit l'auteur, c'est précisément qu'elles échouent misérablement à rendre justice à la grandeur sublime du monde véritable, elles rétrécissent la réalité et appauvrissent ce que le monde réel a à offrir. »

Il est manifeste que l'auteur en est resté à une présentation simpliste du christianisme si jamais il a été catéchisé. Il a peut-être aussi entendu les créationistes.

On comprend très bien que l'auteur, dans ses très longues et sérieuses de l'histoire de l'évolution ait eu cette impression grandissante qu'on a aucunement besoin de Dieu dans cette histoire. Il en a eu sans doute l'impression dès son enfance ! D'où son agacement devant la piété traditionnelle et son mépris pour leur vénération du surnaturel qu'il conçoit comme une intrusion indue dans cette histoire lui tombant dessus de l'extérieur de cette histoire. Ce qu'il n'a certainement pas saisi, c'est que le surnaturel, disons Dieu, n'existe pas en dehors de l'homme parce que Dieu, le seul vrai Dieu, est esprit, et qu'Il ne peut donc habiter que dans des esprits.

Je pense que l'esprit, de même qu'il investit, spirituellement, dès son début toute l'histoire de l'évolution, investit aussi celle de chaque homme de la même façon.

Les créationistes voient Dieu investissant de son extérieur la création il y a seulement quelques milliers d'années. L'Islam aussi voit Dieu, extérieur à l'homme , et téléphonant à son prophète le mot à mot du Coran.

Il semble bien que toute nature vivante, en même temps qu'elle existe, ait aussi une sur-nature, ce qui lui permet d'ailleurs d'être éventuellement un chaînon dans la longue chaîne de l'évolution. Dieu n'a pas d'extériorité et c'est de son intériorité qu'Il anime la splendeur de la terre et de l'Univers, la splendeur du réel, quand l'homme peut se rendre sensible si magnifiquement, et de façon aussi précise, à la façon dont elle est racontée par Dawkins.

ET je reviens au vitrail dont vous avez déjà pu voir l'image, il commémore les deux pèches miraculeuses, celle avant la résurrection au moment du premier appel, et celle après la résurrection sur le même bord du lac de Tibériade. Trois mots la résument : émerveillement, disponibilité, élan, de Pierre et d'André. Je demande à C. de la mettre en grand sur le site le jour de Pâques.

Ils ont suivi le maître après le premier appel, ils ont été complètement désemparés par sa mort et sont partis. Cette fin sinistre leur était parfaitement incompréhensible. Quand ils Le voient ressuscité, ils doutent, parce que Jésus n'est plus avec eux comme il était avant sa mort, ils doutent et ils ne savent pas quoi faire de cette résurrection ! Le ressuscité leur apparaît donc sur le bord du même lac de Tibériade, et avec le renouvellement de la première pèche miraculeuse, et il leur prépare le repas avec du poisson grillé sur le feu de braises qu'il a allumé, et Il leur demande d'ajouter quelques poissons de la pêche miraculeuse qu'ils viennent de faire, ensuite il parle, il parle à Pierre et à Jean. Et il faut attendre la Pentecôte pour qu'ils commencent à comprendre que désormais Il n'est plus avec eux mais en eux. Il en sont arrivés à la seule juste façon de croire en Jésus-Christ et en Dieu, la façon intérieure, Dieu n'ayant aucun extériorité par rapport à l'homme, ni ne pouvant en avoir.

L'immense majorité des hommes jusqu'à aujourd'hui, quand elle a pensé Dieu et cru en Lui, se l'est toujours représenté comme extérieur à l'homme : avant même que l'homme soit, Dieu, pense-t-on, a vécu une éternité de bonheur sans lui ! cette imagination est fausse si, comme on l'a déjà développé, Dieu crée en même temps qu'Il est. Cette croyance erronée est certainement le fait de Richard Dawkins et de bien d'autres savants et scientifiques. D'où la possibilité, compréhensible, pour eux du mépris pour la vénération quand elle a pour objet un surnaturel faussement imaginé.

Il est capital pour nous aujourd'hui de contempler le réel en notre Dieu, présent réellement en le cœur de chaque homme. Le splendide réel raconté si bien, si admirablement, si longuement, par Richard Dawkins tient à cette inhabitation.

(à suivre) (personnel)

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