Suite du développement d'hier.

Balbutiements , à reprendre.

« A l'avènement de Jésus-Christ, tout ce qui était passé redevient présent, tout ce qui était non accompli peut s'accomplir, tout ce qui est avorté peut devenir vie éternelle. » C'est comme une dernière chance donnée à l'humanité chaque fois que l'Eucharistie est célébrée !

On voit ici l'importance que peut prendre alors la célébration eucharistique puisqu'elle peut influer sur toute l'histoire de l'humanité et de Dieu en elle. Cela dépend de la qualité de l'offrande personnelle non seulement du prêtre qui célèbre mais de toute personne qui prend part au sacrement du sacrifice de Jésus. « Et il n'y a pas un être qui ne puisse retrouver aujourd'hui, dans cet avènement de Jésus-Christ dans le mystère de la liturgie, son accomplissement. »

Et cette offrande nous fait devenir co-rédempteurs de l'humanité entière.

Aussi curieux que cela paraisse cette co-rédemption de l'humanité entière, d'abord par la Vierge Marie, peut sembler plus importante que la rédemption accomplie par Jésus lui-même parce que, si le sacrifice de Jésus-Christ a une valeur de rédemption infinie, une seule goutte de son sang eût suffi pour racheter l'humanité entière, aussi surprenant que cela puisse paraître, il n'ajoute rien à la gloire de Dieu et n'a donc aucun sens tant qu'au moins une personne n'y répond pas par l'offrande de soi-même.

L'offrande de la Vierge Marie, debout au pied de la Croix, devenant alors mère de tous les hommes, est l'immédiate et première réponse à l'amour infini de Dieu manifestée par le sacrifice de Jésus et elle suffit déjà pour lui donner tout son sens. Elle devient ainsi la première co-rédemptrice, mais s'il n'y avait pas eu cette première parfaite réponse de l'Immaculée, s'il n'y avait eu aucune réponse d'amour d'aucun homme, mais c'est impossible puisque Jean, et les deux autres Marie sont là au pied de la croix à côté de la mère de Jésus, et il y a aussi le bon larron - toute consécration eucharistique serait invalide.

On voit donc comment on peut dire que la réponse d'amour de l'homme, d'abord celle de Marie, en quelque sorte « valide » le sacrifice de Jésus. Marie, la première, achève ce qui manque aux souffrances de Jésus. On peut dire qu'il n'y manque rien mais aussi qu'il y manque tout puisque sans la réponse de l'homme les souffrances de Jésus n'auraient aucun sens.

Marie est ainsi la première co-rédemptrice, mais chaque homme, chacun de nous, doit l'être à sa suite : « chacun de nous qui participe au mystère de la sainte liturgie, chacun de nous est appelé à devenir un rédempteur. » Et chacun le devient par l'offrande de lui-même, (à chaque Messe il y a pour nous une nouvelle façon de nous offrir) nécessaire pour que notre participation à la liturgie prenne son sens.

Marie, première co-rédemptrice, devient par là même première médiatrice de toute prière comme de toute grâce divines. Car l'homme, dans le corps mystique du Christ, est tellement relationné au sacrifice de Jésus rédempteur, que Dieu a voulu que toute grâce comme toute prière passe par Marie et ensuite par chaque membre du corps mystique devenu dans son offrande l'Eglise toute entière.

Jésus en éternité ne peut se séparer d'aucun des membres de son corps, ce lien est tellement fort qu'Il veut qu'il entraîne cette éternelle prise de part par l'homme à toute la rédemption, et cela entraîne en même temps un lien infiniment fort de tous les hommes entre eux en ce corps mystique du Christ. Le commandement de l'amour du prochain prend un nouveau sens, impératif nouvellement pour celui qui communie.

« Dieu est présent au centre du cercle qui rend toute choses contemporaines, ce qui fait de tous les êtres un immense rassemblement dans le présent d'aujourd'hui. »

... Ce corps mystique du Christ a donc des propriétés essentielles infiniment mystérieuses pour nous, qui sont déjà les siennes aujourd'hui, d'abord cela qu'en lui chaque membre est le corps tout entier, ensuite qu'en lui chaque membre a une fonction, une œuvre à accomplir, et cette œuvre sera éternellement déjà parfaitement accomplie en même temps qu'éternellement s'accomplissant. Et nous continuerons éternellement à « valider » l'oeuvre de rédemption du Christ.

« « Chaque fois que le mystère eucharistique est célébré, l'œuvre de notre rédemption s'accomplit, c'est-à-dire que tout l'Univers, toute l'histoire, toute l'humanité, toute la création, est remise entre nos mains ! Il y a dans ces perspectives une immense espérance ... »

Et encore : « « La Croix n'est pas simplement un événement de l'histoire, un événement du passé, mais un événement éternel ... » « Le corps du Christ qui va se réaliser à travers la consécration, n'est pas seulement le Corps du Christ dans sa singularité, c'est ce corps immense de l'Eglise qui embrasse toute l'humanité, toute l'histoire, tout l'Univers ... »

On est très loin, très loin, de toute une littérature encore aujourd'hui diluée en beaucoup de prédications ou articles de revues (1). Le drame, c'est que cette littérature, si jamais ils la lisent, peut éloigner de la foi chrétienne beaucoup de gens de bonne volonté venus l'entendre, et incapables à juste titre d'accepter ce qui y est dit.

(1) Dans « famille chrétienne » (n° du 13 au 19 juin 2009, à la page 32), sous la rubrique « approfondir », on peut lire : « Nous ne célébrerons plus l'Eucharistie au ciel. L'Eucharistie est pour cette terre. Jésus a institué ce sacrement pour que nous vivions de sa présence alors que nous sommes encore « ici-bas » et qu'il est « au-delà », mais quand nous le verrons face à face, alors l'Eucharistie n'aura plus lieu d'être. L'Eucharistie est donc le sacrement de la présence du Christ durant le temps de son absence apparente ... »

Nous sommes à l'extrême opposé de l'enseignement mystique de M. Zundel, et ces développements ne sonnent pas juste. On peut, on doit, penser au contraire que l'éternité du ciel sera « occupée » essentiellement à la célébration de l'Eucharistie.

Malheureusement cette « littérature » est sans doute l'écho de maintes prédications dites chrétiennes encore courantes aujourd'hui dans l'Eglise. On a quelquefois l'impression que beaucoup de prêtres disent un peu n'importe quoi sur l'Eucharistie ... C'est infiniment dommageable. Même dans la théologie la plus traditionnelle on ne m'a jamais appris que l'Eucharistie était le sacrement de la présence du Christ, mais bien qu'elle est le sacrement du sacrifice de Jésus-Christ, et elle le restera éternellement, ce n'est pas la même chose.

Beaucoup de prêtres peut-être sont peu cultivés, et n'ont plus guère le temps de se cultiver. Dans un pays d'Amérique du Sud, un autochtone, ancien prêtre, me confiait que personne parmi les jeunes prêtres ne lit aucun livre, se contentant du bréviaire.

Comment leur prédication, nécessairement pauvre et plate, sera-t-elle ressentie en des esprits peut-être infiniment plus cultivés ?

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