Difficile, important, balbutiements.

L' homélie de Zundel « sitée » hier nous a surpris. Il nous donne sur le mystère de l'Eucharistie un enseignement inhabituel et nous offre une perspective de laquelle, comme il le dit lui même, nous sommes infiniment éloignés.

« Chaque fois que le mystère de l'Eucharistie est célébré, c'est l'œuvre de notre rédemption qui s'accomplit, l'œuvre d'une rédemption qui concerne toute l'histoire, toute l'humanité, tout l'Univers. »

Nous l'admettons peut-être facilement, mais ce qui suit va d'abord nous déconcerter, surtout si l'on commence à comprendre que l'avènement de Jésus-Christ s'accomplit à chaque célébration de l'Eucharistie (1). « A l'avènement de Jésus-Christ tout ce qui était passé redevient présent, tout ce qui était non accompli peut s'accomplir, tout ce qui est avorté peut devenir vie éternelle. »

Peut-être, pour commencer à entrer dans cette perspective faut-il nous ressouvenir de « choses » capitales enseignées souvent par Zundel, d'abord que l'humanité de Jésus-Christ est réellement présente à tout homme venant en ce monde, ou y étant déjà venu, ou devant y venir un jour. Et ensuite que l'homme a essentiellement, et réciproquement, à se rendre présent à cette humanité de Jésus-Christ, ce ne sera jamais de la même façon d'un homme à un autre. Et Jésus institue le sacrement de l'Eucharistie comme moyen pour l'homme de se rendre réellement présent à l'Humanité de Jésus, beaucoup plus que pour y trouver sa réelle présence puisque celle-ci est déjà effective en tout homme.

Il faut se ressouvenir aussi que Jésus, dans Son Humanité ressuscitée infiniment bénie, ne peut jamais se défaire du lien qui le rattache à tout homme : il en est éternellement le créateur et le rédempteur de tous, « c'est lui qui nous a faits et nous sommes à Lui ! ». Et il y a de ce fait, dans le cœur de celui qui communie, une présence réelle de l'humanité entière, passée, présente et à venir. Jésus, reçu dans la communion, ne vient jamais tout seul ! On ne peut pas le recevoir sans une réelle solidarité, sans l'affirmation toujours plus forte de notre relation vitale à l'humanité entière, avec toutes les conséquences que cela entraîne dans nos rapports les uns avec les autres.

Il ne s'agit aucunement de nier la réalité de Sa présence en l'Eucharistie mais de l'élargir comme infiniment en Le voyant, inséparablement, uni à l'humanité entière, dont Il veut que, toute entière, devenue corps mystique du Christ, elle soit assise à la droite du Père, en égalité avec Dieu, comme l'est éternellement maintenant l'humanité de Jésus ressuscité et montée aux cieux.

Et cette humanité entière, reçue dans la communion, bien que déjà, d'une certaine façon, présente en tout homme, n'est pas reçue en nous comme si nous étions un troupeau innombrable, mais comme appartenant à un immense corps, le corps mystique du Christ, l'Eglise, inséparable de Son humanité ressuscitée. Cette relation du Ressuscité à son Corps mystique est sans doute selon le modèle même de la relation éternelle des personnes divines entre elles en la Trinité divine. (à suivre)

(1) Zundel ne le dit pas expressément.

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