Qui est Dieu ?

07/06/2005 juin 2005

Maurice Zundel 1964 à Paris.

Une objection insurmontable

Les survivances très abondantes de l'Ancien Testament dans la religion d'aujourd'hui constituent une objection insurmontable pour ceux qui voient cela seulement du dehors.

« C'est à l'instar des monarchies pharaoniques que l'on a dessiné bien souvent dans l'Ancien Testament le visage de Dieu : on en a fait un monarque suprême entouré d'une cour qui ne cesse de le louer et qui revendique de ses sujets terrestres le tribut de l'adoration, de la louange et de la prière.

04/06/2005 juin 2005

Conférence de Maurice Zundel en avril 1961, Le Caire.
Le dernier mot de Jésus, c'est d'aimer l'homme.
Le sanctuaire de la Divinité, c'est l'homme.
Jésus à genoux devant toute l'humanité.

« C'est à cela que l'on reconnaîtra que vous êtes mes disciples, si vous vous aimez les uns les autres comme je vous ai aimés. Je vous donne un commandement nouveau, c'est de vous aimer les uns les autres comme je vous ai aimés. »

Maurice Zundel, extrait du livre « Un autre regard sur l'homme » page 123.
Extrait de la 2eme conférence donnée au centre Charles-Péguy à Londres le 16 février 1964 titrée: « La grandeur de l'homme et la pauvreté évangélique »

L'Amour de Dieu prend la couleur de tous les états de l'être créé. Il peut donc y avoir en Dieu une douleur. Il y a en Dieu une douleur autant qu'il y a en Dieu un Amour, non pas une douleur qui Le défait ou Le prive de quelque chose, mais cette douleur d'identification avec l'être aimé, une douleur telle qu'il faut dire que tout ce qui atteint l'âme l'homme, que ce soit l'agonie, la souffrance, la maladie, la misère, la solitude, le désespoir ou le péché, tout cela, Dieu le porte pour nous, en nous, avant nous, plus que nous, comme une mère peut être frappée par tous les états de son fils parce qu'elle s'identifie totalement avec lui.

Maurice Zundel, au Luxembourg en 1963.
La Création est une histoire à deux.
La vérité ne peut se faire jour en nous que si nous devenons lumière en elle.

La Création est une histoire à deux. La puissance de Dieu n'est pas la puissance d'une machine, ce n'est pas la puissance magique attribuée à un être fictif, la puissance divine, c'est la plénitude de l'Amour. Mais l'amour n'a d'efficacité que s'il trouve un amour où s'enraciner : on ne peut pas suspendre l'amour à un porte-manteau, pas plus qu'on ne peut empiler la vérité sous des masses de linge, la vérité ne peut se faire jour en nous que si nous devenons lumière en elle. La Beauté ne peut résonner que si nous sommes des personnes, des résonateurs, et l'amour ne peut nous atteindre que si notre cœur change d'orientation et si l'intimité d'autrui devient la nôtre. Autrement dit, selon le mot de Rimbaud, si « JE devient un Autre. »

Nous ne cessons de dresser l'idole d'un faux dieu !
Cela nous dispense de faire un immense itinéraire de nous-même à nous-même...
Maurice Zundel, le Caire, mars 1961.

Il n'y a pas d'autre Dieu pour nous que le Dieu chanté par Saint Jean dans le prologue de son évangile :

Ce Dieu qui est, qui était, qui sera, et qui est toujours déjà là,
Ce Dieu qui luit dans les ténèbres et qui nous attend,
Ce Dieu qui est dans le monde et que le monde ne reçoit pas,