Pourquoi y a-t-il tant d'esprits aujourd'hui qui éprouvent une véritable difficulté à la reconnaissance d'un Dieu ? Parce que nous avons fait de Dieu le plus souvent, et l'humanité l'a toujours fait, une explication du monde tel qu'il est, en supposant que ce monde-là a été voulu, tel qu'il est, par Dieu, et conduit par Lui, de sorte qu'Il en porte la responsabilité.

[De sorte qu'Il est alors finalement responsable, sinon coupable, de tout le mal qui est enduré dans notre monde ou qui s'y commet.]

Jésus justement veut nous conduire à la rencontre d'un Dieu clé d'un monde qui n'est pas encore.

Si Dieu est l'explication d'un monde de larmes et de sang, d'un monde de tortures et d'injustices, alors il participe nécessairement à toutes ces horreurs et injustices.

Le Dieu qui se révèle en Jésus-Christ est le contraire de cela. Il n'est aucunement le créateur de notre monde tel qu'il est. Il est le cri de l'innocence infinie d'un Dieu qui souffre du mal et en est la première victime, d'un Dieu qui nous appelle à créer un autre monde que celui-ci, un monde qui n'est pas encore, un monde dont la dimension sera humaine ou du moins serait humaine si nous accomplissions notre vocation, un monde où l'esprit pourrait, pourra, s'affirmer, un monde dont l'amour serait, sera, la loi et où la dignité de chacun serait réellement inviolable. »