Septembre 2009

Textes publiés en Septembre 2009.

Lausanne, Eglise du Valentin, aux enfants.

Vous avez entendu parler de l'assassinat de ce petit garçon à Genève, un petit garçon de 21 mois qui a été tué dans son sommeil. La Police naturellement est sur les dents, les juges interrogent... interrogent pour les enquêtes, parce qu'on veut absolument savoir qui a tué, pour punir le criminel.

Quelle importance est-ce que ça a ?... est-ce que le monde est changé ?... a été changé du fait que ce petit garçon de 21 mois a été assassiné ?... Qu'est-ce que ça change ? Si on avait tué une punaise, est-ce que on aurait mobilisé la Police ? Pourquoi est-ce qu'on veut absolument savoir qui a tué ? Et pourquoi est-ce qu'on veut punir ... punir l'assassin ? Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il y avait de particulier dans ce petit garçon, qu'est ce qu'il avait de spécial ? ... il n'était pas un petit enfant comme les autres ?... Est-ce qu'il y avait en lui un trésor qu'il n'y avait pas dans les autres enfants ?

Pourquoi est-ce qu'on ne peut pas tuer un petit enfant ? Pourquoi ?

Pourquoi est-ce qu'on ne peut pas tuer un homme comme on tue une punaise ? Pourquoi?..

Vous allez vous confesser quand vous tuez une puce ou un pou ? Vous allez vous confesser ? non. Mais si vous aviez tué un homme ce serait une autre affaire !! Pourquoi ? Pourquoi est-ce que c'est un crime de tuer un petit enfant, et non pas de tuer une punaise ? Pourquoi ?

Vous voyez .. vous voyez là-bas cette galerie, cette galerie de saints qui entourent Jésus crucifié ; vous voyez ces saints ? non ! Qu'est-ce qu'ils ont autour de la tête ? Qu'est-ce qu'ils ont autour de la tête ? on appelle çà comment ? Comment est-ce qu'on appelle çà ? On appelle ça une auréole.

Ils ont une auréole autour de la tête. Et qu'est-ce que ça représente cette auréole ? .. Vous dormez ? .. hum .. non ! c'est pas la figure du soleil ? c'est pas un soleil ? Ils ont un soleil autour de la tête. Pourquoi est-ce qu'on leur met un soleil autour de la tête ? est-ce que quand ils étaient vivants ils se promenaient, comme çà, avec un soleil autour de la tête ? hum ! Pourquoi est-ce qu'ils ont un soleil autour de la tête sur les images ? Oui .. Qu'est-ce que çà veut dire : pourquoi un soleil plutôt qu'un pot de lait ? .. Cà veut dire qu'ils avaient, qu'ils avaient un soleil dans leur coeur : voilà ce que çà veut dire. Ils portaient dans leur coeur un soleil qui éclairait et qui continue à éclairer le monde ! C'est pas ça ? Cà veut dire çà !

Alors si c'est un crime de tuer un petit enfant où un homme, c'est parce que dans un petit enfant aussi il y a .. quoi ? Il y a un Soleil ! Il y a le même soleil dans le coeur d'un petit enfant qu'il y a dans le coeur d'un Saint parce que dans le coeur d'un petit enfant il y a Dieu. C'est pas clair ?

Mais enfin, ce petit enfant, s'il avait vécu .. il est mort maintenant malheureusement ! S'il avait vécu il aurait pu devenir aussi un assassin comme celui qui l'a tué, non? L'homme qui l'a tué a été aussi un jour un petit enfant ! non ? Il est devenu pourtant un assassin. Cela veut dire que le soleil qui entoure la tête des Saints c'est une chance .. est-ce que vous allez devenir des saints, vous ? Est-ce qu'un jour on vous représentera dans l'église du Valentin avec le soleil autour de la tête ? Qu'est-ce que vous en pensez ? Il y en a combien parmi vous .. combien de petites filles et de petits garçons qui deviendront des saints ? Il y en a beaucoup ? Qu'est-ce que vous en pensez ? En tout cas c'est une chance : chacune de vous, chacun de vous peut devenir un saint ou une sainte, parce que chacun et chacune de vous a la chance de porter dans son coeur le Soleil qui est Dieu. Mais naturellement, pour que vous deveniez des saints et des saintes, il faut que vous deveniez transparents à ce Soleil. Comprenez-vous ? Le Soleil, le soleil qui éclaire et qui nous donne le jour .. ce soleil il ne peut pas traverser un mur. D'accord ? il ne peut même pas traverser les volets, si les volets sont fermés. Et de même Dieu, bien qu'il soit en nous, " le Soleil qui éclaire tout homme qui vient en ce monde ", comme dit l'Evangile ! Dieu ne peut pas luire si notre coeur est une pierre ; si notre coeur est un caillou, si notre âme est fermée comme une maison dont les volets sont clos ! Comprenez-vous ?

Alors qu'est-ce qu'il faut pour que le Soleil luise ? que nous devenions transparents comme la vitre, comme le vitrail qui fait chanter la couleur ! D'accord ?

Alors qu'est-ce que vous allez faire ? Qu'est-ce que nous allons faire ? Qu'est-ce que nous allons faire pour ne pas devenir des assassins, des brutes ou des parasites ? Vous savez ce que c'est qu'un parasite ? Un parasite c'est une puce, c'est un pou , c'est une punaise .. c'est un animal qui vit sur un autre, qui ne travaille pas, qui se contente de manger la substance d'un autre. Comprenez-vous ? hum Est-ce qu'il y a des enfants qui sont des parasites ? Il y a des enfants .. des petites filles qui sont des parasites ? Il y a des tas d'enfants qui sont des parasites ! qui ne fichent rien, qui ne donnent rien, qui avalent tout, qui veulent tout pour eux, qui ne partagent jamais, qui empoisonnent la vie de leurs parents ! Est-ce que c'est pour cela que on les a mis au monde ? pour qu'ils empoisonnent la vie des autres ?

Qu'est-ce qui fait le bonheur des parents ? Qu'est-ce qui fait le bonheur des parents ? C'est vous .. c'est vous ..! Et qu'est-ce qui fait le malheur des parents ? C'est vous, si vous êtes moches, vos parents seront malheureux.

Ecoutez, il y avait un petit garçon, c'était un chic type. Ce petit garçon, ses parents l'aimaient bien, ils n'avaient pas d'autre enfant que lui, et chaque fois que il réussissait une composition, on lui donnait un franc. Alors il mettait ça dans sa tirelire, et il avait un petit copain, qui était pauvre, qu'il aimait beaucoup et lui, le premier garçon, qui avait de l'argent, il allait à la patinoire ! Il avait une magnifique paire de souliers et de très beaux patins et son petit copain n'avait rien ! Il aurait bien aimé aller à la patinoire, mais il n'avait pas de patins et pas de souliers ! Alors celui qui avait sa tirelire pleine d'argent que ses parents lui avaient donné pour ses bonnes compositions un beau jour il est allé acheter des souliers et des patins, il en a fait cadeau à son petit copain qui était naturellement tout joyeux ! Alors le premier a compris que la plus belle chose dans la vie c'était de donner de la joie, de la joie aux autres ! Et il a pris l'habitude de donner .. et toute sa vie, finalement s'est passée à chercher la joie des autres !

Il y avait une petite fille car les petites filles sont aussi généreuses que les petits garçons, j'espère ! non ? et une petite fille, elle savait très bien coudre, elle avait le goût de la cuisine, elle avait une maman très généreuse mais comme il y avait dix enfants la maman était esquin­tée ! et un jour la petite fille rentrant de l'école, voit sa maman très fatiguée, et dit : " maman .. maman écoute, je vais faire le souper à ta place ". Je vais faire le souper à ta place ! Alors elle a fait le souper à sa place, et le lendemain elle a fait le souper à la place de sa maman et le surlendemain elle s'est mise à la couture avec sa maman et toute la vie a été changée par ce que la maman n'était plus esquintée, à bout de souffle. Elle avait trouvé dans sa petite fille une merveilleuse auxiliaire pour l'aider !

Et encore, écoutez j'ai connu une ouvrière, elle était couturière. Elle était joyeuse. Elle aimait chanter, et elle allait chez ses clients, et chez tous ses clients elle se mettait à chanter ! Elle travaillait d'ailleurs admirablement du matin au soir, mais elle travaillait en chantant. Et toutes ses clientes étaient émerveillées. Et elle me disait : " Moi, je suis l'ouvrière, je suis l'ouvrière de la Sainte Famille " je vais dans les familles pour porter la joie de Dieu. Et en effet elle portait tellement la joie de Dieu que toutes ses clientes l'attendaient comme le Soleil.

Et un jour elle a été renversée dans la rue par une bicyclette, elle a eu une fracture du fémur, et toutes sortes de blessures et lorsque on l'a mise dans le plâtre à l'hôpital, à l'hôpital elle enchantait toutes les malades par sa bonne humeur, par son sourire, et toute la salle était transformée, était vraiment illuminée par cette présence, parce que cette ouvrière de la Sainte Famille portait vraiment le Soleil dans son coeur.

Et vous vous rappelez encore, ce jeune garçon : il avait seize ans, qui avait une tumeur au cerveau dont il devait mourir deux ans plus tard et qui faisait semblant, on l'avait opéré, on n'avait pas pu refermer le crâne parce que la tumeur continuait à enfler, il faisait semblant de ne pas voir pour ne pas faire de la peine à ses parents. Et il continuait à aller à l'école, à préparer ses examens où il sortait le premier et quant il mourut au bout de deux ans sans s'être jamais plaint, ses parents ne purent pas pleurer parce que il leur avait donné tellement de joie par son courage que toute leur vie en était illuminée.

Et bien, c'est cela la sainteté, voyez ! La sainteté c'est pas d'être moche ! C'est pas de faire une figure d'enterrement ! La Sainteté c'est d'apporter le Soleil, c'est de donner la joie, c'est de s'oublier pour que la vie soit plus belle.

Vous allez penser à cela, je vous en prie, en pensant à ce petit enfant assassiné : vous vous direz " Ce serait tout de même moche que moi , qui suis vivant ou vivante, ce serait moche que je passe mon temps à empoisonner la vie de mes parents, puisqu'enfin mes parents, ils ne me demandent rien ". Vos parents ne vous demandent pas d'apporter des sous, de leur donner de l'argent ! Ils vous demandent une seule chose : votre générosité, votre bon coeur, votre sourire.

Et bien c'est ça être un saint. Un saint, c'est cela. Vous pensez tous être des saints et des saintes si, aujourd'hui et demain , de toutes vos forces, vous vous appliquez à être " chic " à être généreux, à apporter à la maison la joie ; à être le soleil de vos parents, de vos camarades et de vos maîtres.

Alors nous allons nous y mettre, hein ? Il faut que nous ayons besoin d'avoir un soleil autour de la tête, nous essaierons d'être transparents à ce Soleil que nous portons dans le coeur, pour qu'il y ait de la joie dans la maison, de la cave au grenier.

Lausanne, 1962

Par un clic sur la flèche ci-dessous: la voix de Maurice Zundel qui nous permet d'entrer plus profondément dans le texte.

Les grands artistes, les grands écrivains sont ceux qui peuvent donner aux mots un poids de lumière éternelle en les disposant dans un juste équilibre: "L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature, mais c'est un roseau pensant. "Cette phrase admirable et immortelle de Pascal, contraste du roseau fragile et pensant qui fait de lui l'arbitre du monde, réalise une de ces créations qui est éternelle.

Saint Augustin, qui est un très grand artiste aussi, à ses heures, et qui l'est précisément au moment où il y pense le moins, a forgé, lui aussi, sans y penser, dans la spontanéité de son génie et dans l'ardeur de sa foi, il a forgé de ces mots en équilibre parfait qui nous introduisent dans des abîmes de lumière.

Et précisément, dans les "Confessions", qui remontent aux environs de 397, où le grand évêque nous raconte, sans nous rien cacher, sa vie, ses désordres, sa conversion, son bap­tême et où il ne cesse de louer Dieu de l'avoir appelé à Sa Lumière, il exprime l'état où il se trouvait avant sa conversion dans ces mots dont vous saisirez tout de suite, à travers leur admirable simplicité, le poids éternel de lumière. Il dit donc: "Trop tard, je t'ai aimée, trop tard je t'ai aimée, Beauté toujours ancienne et toujours nouvelle, trop tard je t'ai aimée, et pourtant tu étais dedans, mais c'est moi qui étais dehors. " (Livre X/XXVII)

"Tu étais dedans, mais c'est moi qui étais dehors. . . "Comme c'est admirable. Donc, la situation de l'homme qui n'a pas encore rencontré le vrai Dieu, c'est d'être extérieur, d'être en dehors de lui-même, comme nous disons d'un homme en colère qu'il est "hors de lui": hors de lui, il ne se possède plus, il ne se contrôle plus, il n'est plus maître de ses actes, il n'est plus l'origine de sa propre conduite, il est aliéné à soi-même. . . , il est dehors, alors que la condition normale de l'homme, ce serait d'être dedans, d'être un centre de toute son activité jolie, ordonnée, lumineuse et créatrice.

Et Augustin résume tout cela en opposant ces deux mots génialement: "Tu étais dedans, mais moi j'étais dehors. "Et, se commentant lui-même, il ajoute ce commentaire qui n'est pas moins admirable: "Tu étais avec moi, mais moi, je n'étais pas avec toi". C'est magnifique,"Tu étais avec moi, mais moi, je n'étais pas avec toi". Donc, c'est Dieu qui était toujours déjà là, comme un soleil caché en lui et qui l'attendait, et c'est lui qui n'était pas avec Dieu.

Nous voyons tout de suite que le Dieu qu'il a rencontré, c'est un Dieu intérieur, intérieur à lui-même, intérieur à nous-même, un Dieu qui est dedans alors que nous, nous sommes dehors. Et la conclusion, c'est qu'évidemment, Augustin ne rencontrera Dieu que lorsque lui-même sera entré dedans.

Dieu va l'appeler au dedans. Il va l'appeler à se recueillir, à se recentrer, à devenir justement une source, une origine de sa propre conduite, un créateur de sa vie et de son univers. Cela éclate comme les mots, puis­que Dieu est dedans et nous dehors, puisque cette situation intolérable qui constitue la condition de l'homme pécheur comme l'était Augustin, cette situation intolérable ne peut être surmontée que si l'homme aliéné à lui-même et à tout, à Dieu et à l'univers comme à soi, si l'homme revient à l'intérieur, s'il se constitue dans cette intimité où il s'échangera avec Dieu comme une Personne avec une Personne.

C'est un courant formidable car, justement, dans cet itinéraire d'Augustin, nous voyons que l'aimantation que Dieu exerce sur nous n'est absolument pas le commandement de quelqu'un qui veut nous imposer quoi que ce soit mais l'attrait d'une beauté, d'un amour qui veut nous transformer en lui-même, qui veut nous arracher à notre dispersion, à notre impuissance, à nos servitudes, à nos dépendances pour nous mettre au coeur de notre liberté. Quand nous serons recueillis au centre, quand nous serons un dedans une intimité, un commencement, une origine, une source, alors nous serons devant Dieu non pas comme des esclaves mais comme des amis qui s'échangent avec l'être aimé dans la lumière d'une générosité réciproque.

Le Dieu d'Augustin, le Dieu chrétien, le Dieu qui se révèle en Jésus Christ, le Dieu qui l'appelle, ce Dieu va fasciner son génie et faire de lui le grand Docteur de la grâce. Ce Dieu, justement, est un Dieu libérateur, c'est Lui qui nous révèle que nous sommes dehors, c'est Lui qui remédie à notre extériorité, c'est Lui qui nous introduit dans notre intimité, c'est Lui qui nous permet de nous joindre nous-même, c'est Lui qui fait de nous, enfin, non pas des créatures misérables et soumises, mais des amis, des fils, des collaborateurs, des dieux.

Puisque, selon le mot du même Augustin, « Dieu s'est fait homme pour que l'homme devienne Dieu ». Et d'ailleurs, cela est tellement vrai, cela est tellement au coeur de l'expérience augustinienne qu'Augustin nous dit quelques lignes plus bas, il nous dit, écoutez cette phrase extraordinaire et prodigieuse: « En adhérant à Toi, de tout moi-même, ma vie vivra d'être toute pleine de Toi. » Quel grand art, quelle magnifique poésie et quelle sagesse ! Abyssale ! . . "En adhérant à Toi de tout moi-même, ma vie vivra d'être toute pleine de Toi. "

C'est donc en Dieu que Saint Augustin appelle dans les "Confessions" "Vita vitarum" - vous êtes la vie de notre vie - c'est en Dieu que notre vie devient vivante, qu'elle trouve sa plénitude dans cette adhésion de lumière et d'amour qui nous identifie avec Dieu et qui enracine notre intimité dans la sienne afin que notre vie devienne Sa Vie et Sa Vie la nôtre.

Toutes les phantasmagories, par conséquent, de dépendances, de servi­tudes, de domination, de despotisme, tout cela s'écroule dans la lumière de cette expérience essentiellement chrétienne. Le chrétien ne va pas à Dieu comme à un étranger: il va à Dieu comme on va vers son intimité.

Qu'est-ce que vous cherchez dans l'amour? Qu'est-ce que vous espérez trouver? Toujours cela justement, de pouvoir vous échanger avec un autre ou une autre qui est intérieur à vous-même et en qui vous réalisez et accomplissez votre intériorité.

Eh bien, Dieu est tout entier intériorité. Il n'a pas de dehors. Il ne peut donc que nous ramener au dedans et nous établir au coeur de notre intimité en faisant de notre liberté quelque chose d'absolument inviolable, qui ne peut rien sur cette liberté que de la constituer, que de l'appeler à naître, que de l'aider à s'accroître parce que, justement, Dieu ne peut agir qu'en vue de cette intériorité, pour la protéger, pour la confirmer, pour la faire grandir. Dieu ne peut jamais nous prendre par le dehors. Il ne peut nous saisir que par le dedans en pénétrant en nous sans violer notre frontière mais en faisant éclater cette frontière dans un immense espace d'amour où nous devenons ce qu'il est: générosité, lumière, amour.

C'est pourquoi on peut dire que le monde, que l'univers, que toute la création est tenue par la fragilité de Dieu, comme le roseau pensant. En tant que roseau, est-ce qu'il y a plus fragile? Le roseau, en tant que pensant, est l'arbi­tre du monde. Dieu nous apparait comme celui qui, en nous invitant à devenir une liberté inviolable, va se mettre dans notre main quand nous avons ce pouvoir terrible de dire "non", comme nous avons celui de dire: "oui".

Si nous rejoignons le Prologue de Saint Jean: "La lumière luit dans les ténèbres, les ténèbres ne la saisissent pas. Dieu est dans le monde et le monde ne le connaît pas. Il vient chez les siens et les siens ne le reçoivent pas. "Dieu est toujours déjà là: "Tu étais avec moi, mais c'est moi qui n'étais pas avec Toi. "Il est toujours déjà là, mais si nous ne sommes pas là, c'est comme si II était inexistant. Le plus grand amour ne peut rien sur celui qui n'aime pas. Le plus grand génie ne peut rien sur l'esprit fermé et qui se refuse. Et la plus grande beauté, la plus grande musique ne peuvent rien sur celui dont les oreilles sont obstinément fermées.

Ainsi Dieu ne peut rien sur un univers qui est suspendu à son amour et qui est appelé à devenir lui-même une offrande d'amour. C'est pourquoi Dieu peut être vaincu, il peut échouer. C'est pourquoi notre Dieu est un Dieu crucifié, crucifié par tous les refus d'amour qui réduisent sa présence perpétuelle à l'im­puissance, comme Saint Augustin le constate lorsqu'il dit: "Tu étais avec moi. Mais moi, je n'étais pas avec Toi. "

Ainsi, le monde tout entier, tout entier suspendu à cette divine fragilité, l'amour que n'importe qui peut écraser, peut refuser, peut crucifier, alors le monde n'est pas ce que nous pensons qu'il est. Le monde, nous avons, nous avons à le porter à notre tour, à la transformer, à lui donner sa véritable signi­fication. Nous avons à le faire entrer dans ce circuit de lumière et d'amour qui fermera l'anneau d'or des fiançailles éternelles.

Nous allons donc retenir ce matin, en nous rappelant ces trois mots d'Augustin:

  • - "Tu étais dedans, mais moi j'étais dehors. "
  • - "Tu étais avec moi, mais je n'étais pas avec toi. "
  • - "En adhérant à Toi de tout moi-même, ma vie vivra d'être toute pleine de Toi. "

En retenant cet admirable itinéraire et ces mots qui sont dignes de cette ascension vers la lumière, nous essaierons d'écouter à notre tour cet hôte bien-aimé qui nous appelle au plus profond de nous-même et qui veut nous amener au dedans, qui veut nous rendre libres, qui veut nous identifier avec Lui, qui veut nous conduire à notre plus profonde intimité qui veut faire de nous vraiment un centre, un commencement, une source et une origine.

Comme c'est magnifique d'être appelé par un tel amour. O demandons de ne pas hésiter aujourd'hui et de sceller dans le "oui" de notre enthou­siasme et de notre liberté ce "oui" éternel qui se prononce au plus intime de nous-même à ce Dieu qui est toujours déjà là et qui ne cesse jamais de nous attendre et de nous aimer.

Début de l'ébauche d'un projet monastique nouveau Ce ne sont encore que des balbutiements !

Aux retraitants de Timadeuc, aux moines de la communauté cistercienne et à leur Père Abbé, et à toute personne de bonne volonté.

Je me suis trouvé à Timadeuc en juin dernier avec G. Cadel et C. Blin au moment du décès de M. Jackson, et j'ai été stupéfié par l'immense retentissement de cette mort dans le monde entier : des centaines de millions de jeunes se sont lamentés de la perte de leur idole, et les medias ont contribué à donner à ces rassemblements une orchestration mondiale extraordinaire.

Je me suis souvenu alors d'une page des Exercices spirituels de saint Ignace nous invitant contempler la Trinité divine pleine de compassion pour ces hommes innombrables sur la surface de la terre apparemment voués à la perdition, et décidant d'envoyer le Fils pour la sauver.

Et j'ai demandé aux retraitants de faire tous ensemble, durant toute cette semaine de retraite, une longue et fervente prière pour le salut de cette humanité d'aujourd'hui apparemment totalement abandonnée. Il s'agissait essentiellement, pour une première concrétisation de cette prière, de prendre part prioritairement, avec la communauté monastique, à l'Eucharistie, et, si possible à toutes les prières et chants de l'office monastique. J'ai admiré comment pratiquement tous s'y sont adonnés de grand cœur, quelques-uns prenant même leur part à l'office de nuit à 4h. du matin. Avec eux tous, avec vous tous je veux rendre grâce au Seigneur pour une telle ferveur quasi unanime.

Si je m'adresse à vous tous maintenant, quelques jours après la fin de la retraite, c'est parce que je pense qu'on ne devrait pas en rester là. Tous sont témoins que cette retraite n'a pas été comme celles que nous avions pu faire auparavant ! et je voudrais qu'une de ses caractéristiques soit justement que nous continuions notre supplication au Seigneur, quel que soit le lieu où nous sommes maintenant, notre supplication pour les innombrables jeunes, et moins jeunes, en perdition certaine, si l'on en croit certaine pages de l'Evangile : c'est tellement important et grave aujourd'hui.

Dans presque toutes les villes ou villages de notre pays, nombreux sont les jeunes complètement désoeuvrés le soir et souvent tard dans la nuit, après leur travail : un spectacle lamentable puisqu'ils sont capables alors des pires bêtises devant lesquelles nous restons impuissants. J'en ai fait la triste expérience à Saint Gatien.

L'idée m'est venu alors, à la suite du retentissement qu'a connu le décès de M. Jackson, de tenter de créer, avec vous, une communauté dont les membres ne se retrouveront qu'en de rares occasions, entre autres lors de la retraite annuelle, mais une communauté qui gardera entre ses membres, même très loin les uns des autres, une relation constante au moins de prière, on sera seulement certain que chacun de ses membres prie constamment pour ce salut de la jeunesse contemporaine, et que c'est aussi une intention de prière capitale pour la communauté monastique. Et on peut être sûr que la communauté trappiste non seulement donnera son assentiment à cette réunion, par le cœur, mais priera intensément avec nous, et y verra peut-être un moyen providentiel d'accueillir un jour d'abord 2 ou 3 nouveaux membres, et davantage ensuite.

Vous ne savez peut-être pas que la première intention de prière des moines de Timadeuc, inquiets à cause de leur nombre qui ne fait que diminuer, ils ne sont plus que 26 actuellement, ils étaient près de 80 il y a 50 ans, c'est de supplier le Seigneur de leur envoyer quelques nouveaux frères. Nous faisons nôtre ce souci qui peut aller jusqu'à une véritable angoisse.

La pensée principale de ce que je vais me permettre de proposer serait que quelques-uns parmi ces jeunes venant en retraite avec nous - on verra plus loin comment et à quelles conditions (à nous de les remplir !) il n'est pas impossible qu'il en vienne - l'un ou l'autre puisse se sentir appelé à vivre en communauté avec les moines pour une ou deux années au terme desquelles il pourra choisir entre ou bien demeurer dans la communauté de Timadeuc de façon plus stable, ou bien partir dans une nouvelle communauté à créer pour l'évangélisation du monde entier.

(à suivre)

(suite d'hier) : la beauté sauvera le monde.

Balbutiements.

Reprise : La pensée principale de ce que je vais me permettre de proposer serait que quelques jeunes - on verra plus loin comment et à quelles conditions (à nous de les remplir !) il n'est pas impossible qu'il en vienne - de sorte que faisant la retraite avec nous, l'un ou l'autre puisse se sentir appelé à vivre en communauté avec les moines pour une ou deux années (ou davantage ou moins !) au terme desquelles il pourra choisir entre ou bien demeurer dans la communauté de Timadeuc de façon plus stable, ou bien partir dans une nouvelle communauté à créer pour l'évangélisation du monde entier, pour une évangélisation nouvelle à partir de l'enseignement mystique de M. Zundel.

Suite du développement d'hier. J'ai été témoin, durant la récente retraite, d'une visite d'un groupe de lycéens au monastère. Je l'avais déjà été. Il faudrait aménager ces visites, assez fréquentes sans doute. Il faudrait pour ces jeunes que cette visite leur laisse le sentiment intérieur d'une rencontre, voire d'un saisissement avec la beauté, ce ne semble pas être le cas actuellement. Il faudrait même qu'ils soient eux-mêmes, durant un bref moment, acteurs de beauté.

Je me souviens il y a très longtemps avoir vu un maître pédagogue en même temps que musicien faire chanter, en une répétition d'un quart d'heure, un groupe d'enfants aucunement préparés à cela. Ils ont appris à chanter un simple kyrie eleison. La réussite a été parfaite ! Pour le plus grand bonheur des enfants. Il faudrait tenter une expérience de ce genre avec les groupes visitant l'Eglise du monastère. Ce serait sans doute une expérience à tenter aussi avec les retraitants capables alors de chanter avec les moines au moins un psaume. Un quart d'heure de répétition peut suffire pour une exécution quasi parfaite. Ainsi les visiteurs ou les retraitants pourront eux-même être acteurs de la beauté du chant monacal.

Au retour de la retraite arrêt sur l'aire de la baie du mont Saint Michel. Surprise, dans l'enceinte même de l'aire de repos et de restauration, une salle de cinéma, un écran immense en 6 panneaux occupant une demi-circonférence, magnifique installation ! et surprise encore : un film en très grand écran sur le mont Saint Michel et son environnement historique et local. Un moment de saisissement par la beauté.

Je verrais bien dans l'enceinte même du monastère une salle du même genre où les visiteurs (et les moines eux-mêmes parfois !) seraient saisis, et toujours ressaisis à chaque nouvelle « séance », par la beauté pure à partir de films grandioses et d'une rare qualité.

Durant la retraite nous avons entendu d'excellents enregistrements de Zundel, moments déjà de saisissement par la beauté de la voix et du sens des paroles (On peut maintenant l'entendre sur le site, mais l'entendre ensemble ajoute un plus au saisissement !).

Toute visite du monastère devrait compter, en même temps que ce saisissement par la beauté de l'Eglise et du chant des moines, un court enseignement sur le fondement de tout exercice spirituel, sur le fondement de toute vie intérieure « pour que grandisse en nous sans cesse l'homme intérieur », sur son enracinement dans une « vue » toujours plus approfondie du sens de notre vie : l'homme est créé pour devenir l'égal de Dieu dans une réciprocité d'amour appelée à devenir parfaite ! du côté de Dieu il n'y a pas de problème : son amour est toujours parfait et total pour chacune de ses créatures ! du côté de l'homme il y va de tout l'apprentissage de l'amour véritable durant notre bref passage sur la terre. Pour une union nuptiale avec le Dieu Trinité dans l'Eglise .... Dieu n'a que des fils uniques dans l'Eglise !

Le fondement des exercices spirituels de saint Ignace est extrêmement important, on peut le traduire ainsi aujourd'hui.

Fondement. L'homme est créé et sauvé pour sauver Dieu dans son âme.

Le véritable Amour ne peut pas accepter que lui demeure inférieur celui dont il est le créateur et le sauveur.

Ainsi donc Dieu a tant aimé l'homme qu'il a voulu le voir, comme membre du corps mystique du Christ, en égalité avec Lui.

L'homme est créé, et sauvé, pour entrer dans l'intimité divine, pour y accomplir lui-même ce qui fait que Dieu est Dieu, pour devenir ainsi comme l'égal de Dieu. « Pour Dieu l'homme égale Dieu. »

Car maintenant dans le cœur de l'homme le Père veut engendrer, porter et faire naître le Fils, et l'Esprit en veut jaillir, Il veut jaillir de ce Père qui fait naître et de ce Fils qui naît. C'est ainsi que se vit la ressemblance de l'homme avec le Dieu Trinité.

Admirable et incommensurable amour de Dieu ! Voilà l'homme promu, s'il s'y prête, à une infinie grandeur ! Dieu, le Dieu de Jésus-Christ, le Dieu Esprit, veut établir en lui son sanctuaire où Il va accomplir maintenant ce qui fait qu'éternellement Il est le Dieu Trinité. Dieu ne sait pas faire autre chose ! Le cœur de l'homme est créé et sauvé pour devenir le paradis de Dieu.

Le Corps mystique du Christ, l'Eglise, est appelé à devenir le corps de la parfaite épouse en lequel l'homme est ainsi appelé à vivre éternellement la parfaite relation nuptiale d'égalité avec Dieu.

Dans ce corps mystique du Christ, chaque membre est relié vitalement à tous les autres membres, et chacun est le corps entier.

L'homme est créé et sauvé en sauvant Dieu dans son âme, en sauvant le projet initial du Dieu Trinité, celui du parfait amour voulant égaliser celui qu'Il crée, appelant toujours à la parfaite réciprocité d'amour sous peine de n'avoir plus de sens.

Ce salut de Dieu, ce salut du bonheur de Dieu, l'homme en est l'opérateur en vivant le don parfait de lui-même à l'image et selon la ressemblance de l'éternel et parfait don de soi-même vécu dans la Trinité divine par les personnes divines n'ayant chacune son soi que dans l'Autre.

Ce don parfait de Dieu est révélé et manifesté lors de la mort de Jésus sur la Croix. On ne peut pas imaginer de don plus parfait que celui du Fils de Dieu se faisant homme et se livrant même et jusqu'à cette mort ignominieuse par amour, un amour révélé ainsi infini, de sa créature.

Oraisons.

Dieu, notre Dieu, infiniment aimant de Ta créature, Dieu qui aime chacun de nous d'un amour unique et infini et nous veut grands de ta grandeur même ! Dieu qui ne nous voit et ne nous aime que dans notre relation aux innombrables membres de ton corps mystique, apprends-nous comment répondre au mieux à ton incompréhensible amour : Tu es si grand ! Tu nous veux si grands !

Dieu d'une beauté si grande ! Laisse monter vers toi notre action de grâce pour tant de beauté répandue, effusée sur la terre ! Rends-nous toujours plus sensibles à ces innombrables reflets de ta beauté ! avec un intense désir de te voir toi-même, la Beauté même, la source de toute beauté terrestre qui n'en peut être qu'un reflet !

(à suivre)

Ce n'est pas par hasard que l'on a choisi de faire une retraite dans un monastère et particulièrement à Timadeuc qui a gardé un souvenir très vivant de la retraite donnée par Zundel en 1973.

La communauté nous a portés dans la prière monastique à laquelle la plupart d'entre nous ont pris part, même durant la journée. Le point central de notre recueillement a été notre participation à la célébration de l'eucharistie, chaque matin, avec cette note particulière de l'appel de tous les assistants, invités à monter jusqu'à l‘autel, autour des moines.

C'était le temps fort de notre journée. Et nous avons bénéficié de leur église, particulièrement propice à la célébration eucharistique par son agencement très simple, construite au XIX siècle.

Les autres moments très heureux de notre retraite ont été les témoignages du père de Boissière : c'est à lui que l'on doit la diffusion de la pensée de Maurice Zundel, de plus en plus présente, dans l'église, aujourd'hui. Et aussi les témoignages du père Abbé d'abord sur sa rencontre personnelle avec Maurice Zundel qui lui a dit et redit d'une voix forte : » la joie, la joie », et ceci par trois fois, ajoutant : « on ne se regarde pas ! », comme dans le testament de Pascal que celui çi portait dans la doublure de son pourpoint et sur lequel était écrit : joie, joie ,joie !

On a été très impressionné aussi par les témoignages personnels de chacun des retraitants en fin de retraite. Manifestement, cette rencontre leur a été très positive, nous étions tous très différents les uns des autres mais on a senti une véritable unanimité dans l'écoute de conférences et d'homélies magnifiques de Maurice Zundel et dans la fraternité qui les animait.

Le père abbé nous a invité tous les deux Bernard et moi à rencontrer la communauté à la salle du chapitre, on a senti, chez eux, combien ils étaient un dans leur prière, durant ces cinq jours.

Nous pouvons joindre notre prière à la leur pour que dans les mois à venir sept postulants les rejoignent comme le père abbé en a exprimé le souhait.

Finale de retraite oubliée

Les exercices spirituels de saint Ignace ont été composés au 16ème siècle. Il est évident que, s'il les composait aujourd'hui, les expressions ne seraient pas les mêmes. Si le dogme chrétien est sujet à de nouveaux développements au cours des siècles, les exercices spirituels le sont nécessairement aussi.

Un nouveau fondement pourrait se dire ainsi : l'homme est créé pour devenir à l'image et selon la ressemblance du Dieu Trinité, pour devenir, avec d'innombrables autres, et en relation vitale avec eux tous, membre du corps mystique du Christ, et par là accéder lui-même à l'égalité avec Dieu. L'homme est devenu alors vivant d'une vie infiniment mystérieuse, vivant de la vie même de Dieu, vivant de Sa vie éternelle qui n'a ni commencement ni fin.

ET la prière finale des exercices, la prière d'offrande parfaite, devra inclure cette relation à l'Eglise et n'être plus seulement un seul à seul avec Dieu. Elle devra exprimer le désir d'être, chacun à sa place, membre vivant du corps mystique, membre relationné vitalement à tous les autres, - sous peine pour l'homme de ne plus être, sous peine de n'être plus rien ni personne ! -, cette relation se manifestant par une attention particulière de tous les instants à l'autre humain en étant attentif à celui qui nous est proche.

Il y a déjà quelque chose de chrétien dans ce désir des jeunes d'aujourd'hui de participer à d'immenses rassemblements, à condition qu'ils tendent à devenir pour chacun, après des siècles et des millénaires, non pas une foule en laquelle on se perd, mais un corps en lequel on se trouve parce qu'il a cessé d'être foule, parce qu'en lui chacun est devenu une personne.

C'est comme si, dans l'humanité, jusqu'à l'achèvement de notre histoire, il y avait tout au long de cette histoire une oscillation entre l‘être-foule à l'instinct grégaire, et l'être-personne dans la vocation personnifiante de chacun, pour qu'un jour, dans combien de siècles ou de millénaires ?, sous le ferment de l'Eucharistie, cette foule devienne un immense corps regroupant l'humanité entière quand chacun aura appris l'être-ensemble en même temps que l'être-seul.

La fonction de l'Eucharistie, la raison pour laquelle le Seigneur l'institue, est d'être l'instrument par excellence de ce devenir-personne de l'humanité entière. Son lien avec l'Eglise lui est consubstantiel. Supprimez ce lien, vous n'avez plus d'Eucharistie, plus de consécration valide !

L'initiative de la retraite à Timadeuc a été prise à la suite de la mort de M. Jackson, elle a provoqué le rassemblement, au moins virtuel, de centaines de millions de jeunes ! notre prière doit voir s'achever la retraite avec l'intense désir que ce soit un jour le Christ qui rassemble l'humanité entière et la personnifie dans Sa divinisation. Notre prière permanente sera désormais dans ce sens.

Prière : "Dieu de l'Univers, Dieu qui ne peut voir chaque homme que dans sa relation à tous les autres en même temps qu'avec toi ! Dieu qui désire ardemment l'égalisation personnifiante de chaque homme avec toi dans le corps mystique de Ton Fils,

Regarde avec immense bonté l'humanité entière, l'humanité d'aujourd'hui, montre-lui de toutes sortes de façon comment nous ne pouvons être heureux que dans cette appartenance, active, à l‘immense Corps mystique de ton Fils ! Et comment l'Eucharistie nous est nécessaire pour vivre cette incorporation, en opérateur toujours en travail de l'unification du genre humain ! Nous te le demandons par le même Jésus-Christ !"

Aussitôt que s'installe dans le cœur de l'homme la générosité du véritable Amour, il est devenu membre vivant de cet immense corps mystique du Christ !

Apprenons sans cesse la nouvelle naissance où l'on ne meurt pas !

En réalité il y a trois naissances de l'homme, la première, éternelle, selon un choix de Dieu dès avant la création du monde, et cette naissance ou plutôt ce choix de Dieu de toute éternité, ne s'actualise qu'avec notre naissance sur la terre, et puis il y a ensuite, en 3ème lieu, ce qu'on appelle la seconde ou la nouvelle naissance, pour nous la plus importante parce que c'est là que nous prenons toute notre importance, notre infinie grandeur, lorsque Jésus-Christ a pris toute la place dans notre vie, lorsque nous sommes devenus membres vivants de Son corps mystique dans une relation d'interaction avec tous Ses innombrables autres membres !

(A reprendre.)